Dans certains baux commerciaux, la location-gérance du fonds de commerce n'est autorisée par le bailleur qu'à condition qu'il donne son autorisation préalable ; l'absence de demande d'autorisation peut fonder la résiliation du bail pour infraction à cette clause.

Dès lors certains locataires peuvent être tentés de recourir à la formule du contrat de gérance-mandat.

La caractéristique principale de la location-gérance, prévue par l'article L 144-1 du Code de Commerce, est que l'exploitation par le locataire-gérant a lieu à ses risques et périls ; le locataire-gérant est autonome, il profite des bénéfices et supporte les pertes de l'exploitation et verse au propriétaire du fonds une redevance.

Bien différente est la gérance-mandat, prévue par l'article L 146-1 du Code de Commerce : le gérant-mandataire ne verse pas de redevance au propriétaire du fonds mais perçoit au contraire, de celui-ci, une commission proportionnelle au chiffre d'affaires et il gère le fonds pour le compte de son propriétaire, qui supporte les risques liés à son exploitation.

Dans une affaire où ils avaient relevé que le contrat de gérance-mandat prévoyait qu'en cas de déficit de gestion, le prétendu gérant-mandataire engageait sa responsabilité personnelle de façon illimitée, mais aussi percevait 99% des bénéfices et reversait une somme fixe au propriétaire du fonds, les juges du fond avaient requalifié ce contrat  en location-gérance, pour laquelle le locataire n'avait pas sollicité l'autorisation préalable du bailleur, ce qui constituait une infraction au bail de nature à justifier la résiliation. La Cour de Cassation a approuvé cette analyse par un arrêt du 7 décembre 2017.