Près de 335 millions de smartphones ont été vendus dans le monde au 1er trimestre 2016, et 20 millions de ces appareils sont vendus chaque année en France.

Ils font partie de nos vies et renferment de multiples informations et....tous nos petits secrets.

La tentation est donc quelquefois grande d'aller jeter un oeil plus ou moins autorisé sur ce prolongement de nous-mêmes.

Si l'on en croit un sondage publié par le quotidien "Le Parisien" de 2015, un Français sur quatre aurait déjà fouillé dans le smartphone de son conjoint.

Las, nous venons d'apprendre qu'en Arabie saoudite, une nouvelle loi s'appuyant sur la notion de violation de la vie privée, est entrée en vigeur et punit désormais les femmes qui consultent le portable de leur mari sans en avertir celui-ci ou sans son consentement. Elles risquent d'être punie de flagellation ou d'une peine de prison (lire.Saudi Arabia: Women face flogging and jail for ... - The Independent) A noter que la législation saoudienne permet en revanche à un mari de consulter le téléphone de son épouse sans lui en demander la permission...

Aux Etats-Unis, le Government Accountability Office (GAO), dépendant du Congrès américain, a rendu le 9 mai 2016 un rapport concernant les applications servant à espionner ses proches.

De nombreux outils informatiques permettant en effet de surveiller le téléphone d’un enfant, d’un employé, d’un conjoint ou n’importe quel proche.

La loi fédérale américaine prohibe la création et la détention d’outils susceptibles d’intercepter secrètement des communications. Toutefois, selon le GAO, elle n’a jusqu’à présent mené qu’à 2 poursuites en justice. En 2014, un homme a ainsi été condamné à une amende de 500 000 dollars pour avoir vendu l’application StealthGenie. En 2015, une Américaine a été condamnée à 3 ans de prison avec sursis pour avoir utilisé ce type d’application sur le téléphone de son ancien époux, par ailleurs policier..

En France, l’utilisation de telles applications à l’insu du propriétaire du téléphone est illégale: la mise en place de logiciels pour espionner et surveiller les sites consultés par l’époux, le piratage de sa boite mail, ou tous autres procédés destinés à surveiller ses échanges sont considérés comme frauduleux.

Selon le code pénal, l’enregistrement des paroles sans le consentement, tout comme la violation du secret de la correspondance, sont punis d’une peine d’un an de prison et d’une amende de 45 000 euros (article 226-15 du code pénal).

Epoux volages, attention toutefois à ne pas laisser vos smartphones ouverts et consultables sans mots de passe: la Cour de cassation, dans un arrêt en date du 17 juin 2009, a par exemple admis la recevabilité des SMS comme preuve dans la procédure de divorce pour faute.
Dans cette affaire, une épouse avait produit des SMS trouvés sur le portable professionnel de son époux pour prouver les relations extraconjugales de ce dernier.

La cour a rappelé que « que la preuve pouvant être apportée par tout moyen [en ce compris les SMS] excepté par violence ou par fraude », (Cour de cassation, chambre civile, 17 juin 2009, N° de pourvoi : 07-21796

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