Les chiffres de l'administration pénitentiaire sont édifiants: au 1er juillet 2016, 69.375 personnes étaient incarcérées en France, ce qui représente une hausse de 3,8 % par rapport au mois de juillet 2015 (66.864). Au 1er juin 2016, il y avait 68.542 personnes incarcérées, ce qui représente une hausse mensuelle de 1,2 %.

Le premier ministre Manuel Valls et le Garde des sceaux Jean-Jacques Urvoas ont visité le 8 août dernier la maison d’arrêt de Nîmes (Gard), où le taux de surpopulation est de plus de 200 %

Au 1er juillet 2016, le nombre de détenus dormant sur un matelas posé à même le sol était de 1.648. Un record ! Le maximum depuis le 1er juillet 2008 était de 1.645 en avril 2016.

Parmi le total des personnes incarcérées, le nombre de personnes prévenues s’élève à 20.035 pour 49.340 personnes condamnées, soit 28,87 % des personnes incarcérées (28,51 % au 1er juin 2016). Cela représente une hausse de 13,8 % par rapport à l’année précédente (en juillet 2015, on dénombrait 17.602 prévenus).

Il y avait en ce début juillet 2016 en France 80.905 personnes sous écrou dont 69.375 incarcérées, ce qui représente pour ces dernières une hausse de 3,8 % par rapport au mois de juillet 2015 (66.864). Le nombre de personnes sous écrou est en hausse de 3,1 % sur douze mois (2.413 personnes sous écrou de plus).

Les détenus mis en placement sous surveillance électronique sont 10.957 dont 315 en libération sous contrainte.

Resté sous la barre des soixante mille pendant les années 1990, et passé sous les cinquante mille en 2001, le nombre de détenus a augmenté depuis, parallèlement à l’importance prise dans la vie politique par le thème de l’insécurité. La situation est considérée comme critique par les syndicats de personnels pénitentiaires et de magistrats, avec des entassements de détenus jugés particulièrement graves dans les maisons d’arrêt, en principe réservées aux personnes non jugées.

En ce mois de juillet 2016, les prisons françaises demeurent surchargées et le Contrôleur général des lieux de privations de liberté dénonce par des recommandations en urgence l’insalubrité de certains établissements pénitentiaires de notre pays (NouméaBaumettes). Notons aussi le chiffre très élevé de 14.115 détenus en surnombre.

Les mineurs écroués sont 762 au 1er juillet 2016, ce qui représente une baisse (2,7 %) par rapport au mois précédent (783 au 1er juin 2016). Sept écroués ne sont pas détenus. Ils étaient 780 au 1er juillet 2015. Les mineurs détenus représentent 1,1 % des personnes incarcérées.

Au 1er juillet 2016, 255 d’entre eux étaient dans des établissements pour mineurs (EPM). Ces établissements sont sous-occupés (342 places opérationnelles, soit 84 places inoccupées car 3 sont occupées par des majeurs), alors que 507 mineurs (66,5 %) sont détenus dans d’autres établissements. Ils se répartissaient ainsi :

Meyzieu / Rhône : 32 détenus pour 50 places opérationnelles
Lavaur : 37 détenus pour 59 places opérationnelles
Quiévrechain : 54 détenus pour 59 places opérationnelles
Marseille : 44 détenus pour 59 places opérationnelles
Orvault (Nantes) : 31 détenus et 3 majeurs pour 55 places opérationnelles
Porcheville (Mantes) : 57 détenus pour 60 places opérationnelles

Il y a 2.927 femmes sous écrou au 1er juillet 2016. 2.336 d’entre elles sont en prison.

Au 1er juillet 2016, 13.283 personnes écrouées bénéficient d’un aménagement de peine sous écrou, soit 21,8 % de l’ensemble des personnes écrouées condamnées (ce pourcentage ne tient pas compte des condamnés placés sous surveillance électronique fixe en fin de peine et des 315 en libération sous contrainte). Les aménagements de peine ont baissé de 1,5 % en un an (13.485 au 1er juillet 2015).

Il y a ainsi 923 personnes bénéficiant d’une mesure de placement à l’extérieur sans hébergement en juillet 2016 (961 au 1er juillet 2015), 1.718 d’une mesure de semi-liberté en juillet 2016 (1.832 au 1er juillet 2015) et 10.642 d’un placement sous surveillance électronique (10.692 au 1er juillet 2015).

Mais il y a aussi des libérations sous contrainte au nombre total de 442 : 107 condamnés en semi-liberté, 315 condamnés en placement sous surveillance électronique, 7 condamnés en placement extérieur hébergés et 13 condamnés en placement extérieur non hébergés.

Au 1er juillet 2016, le parc pénitentiaire compte 58.311 places opérationnelles, avec les ouvertures des nouveaux établissements entre 2008 et 2015 - Mont-de-Marsan, Saint-Denis de la Réunion, Roanne, Lyon-Corbas, Nancy-Maxéville, Poitiers-Vivonne, Béziers, Le Mans, Bourg-en-Bresse, Rennes-Vezin, Le Havre, Lille-Annœullin, Réau, Orléans-Saran et Valence.

Au 1er juillet 2016, 7 établissements ou quartiers ont une densité supérieure ou égale à 200 %, 41 établissements ou quartiers ont une densité supérieure ou égale à 150 et inférieure à 200 %, 48 établissements ou quartiers ont une densité supérieure ou égale à 120 et inférieure à 150 % et 29 ou quartiers ont une densité supérieure ou égale à 100 et inférieure à 120 %. Le taux de surpopulation au 1er juillet 2016 est de 26 % pour 100 places.

Au 1er juillet 2016, le nombre de détenus en surnombre était de 14.992. Le nombre moyen de détenus en surnombre était en 2010 de 9.280, en 2011 de 10.640, en 2012 de 12.340 et en 2013 de 12.910. Le taux de densité carcérale est de 117 %.

Le ministre de la Justice devrait présenter en septembre 2016 un programme de construction de places en prison, dont la présentation a été différée. Selon un rapport sur l’encellulement individuel, le besoin est a minima chiffré à 4 300 places pour la seule Ile-de-France.

Téléchargez le dossier présentant l’ensemble des chiffres de juillet 2016.