Les motifs les plus dérisoires sont malheureusement désormais de plus en plus utilisés pour licencier sans vergogne les salariés.

Le cas de cette caissière d'Auchan licenciée pour une erreur de caisse de 85 centimes a récemment fait scandale. L'histoire finit bien: nous avons appris qu'elle avait finalement été réintégrée le 16 août dernier (Une caissière licenciée pour une simple erreur de caisse).

On se rappellera également de cette caissière de Carrefour qui a été pour sa part en juin 2016 Licenciée pour avoir accepté des sandwiches périmés. Un accord a pu être trouvé là aussi.

Tel n'a pas été le cas malheureusement pour cette employée de l'office public de l'habitat de l'Ain "Dynacité", virée pour faute grave pour avoir "volé" un parapluie cassé abandonné sur le sol de son entreprise !

En toute logique, la Cour de cassation a sanctionné ce licenciement abusif.

Dans cette édifiante affaire, il apparait qu'engagée le 18 avril 2011 en qualité d'assistante d'agence, la salariée est convoquée à un entretien préalable au licenciement et mise à pied à titre conservatoire le 27 avril 2012, et licenciée pour faute grave le 16 mai 2012, pour des faits de vol d'un parapluie au préjudice d'une collègue.

Elle conteste bien entendu son licenciement et obtient gain de cause en appel puisque l'employeur est condamné à lui verser la somme de 6 500 € à titre de dommages et intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse, outre les intérêts légaux à compter du prononcé du jugement entrepris, ainsi que les sommes de 1 000 et de 500 euros au titre de l'article 700 du Code de procédure civile

La Cour de cassation confirme que le grief visé dans la lettre de licenciement de vol d'un parapluie au préjudice d'une collègue de travail, compte tenu des circonstances puisque le parapluie se trouvant sur le sol en mauvais état et s'étant révélé inutilisable, ne constituait pas une faute grave et a confirmé que le licenciement ne procédait pas d'une cause réelle et sérieuse. Il était par ailleurs, de l'aveu même de la société de faible valeur.

Un parapluie cassé très cher payé , finalement comme le relate le journal Le Monde, puisque l'infortunée salariée n'a jamais plus pu trouver de CDI depuis cette triste affaire.

Retrouvez l'arrêt de la Cour de cassation, civile, Chambre sociale, 13 juillet 2016, 15-16.170