Dans son arrêt de chambre "Banque d'Orsay" rendu le 1er septembre 2016 (requête n°48158/11), la Cour européenne des droits de l’homme déclare la Commission des sanctions de l’AMF indépendante et impartiale

L’affaire concernait deux griefs portés par des professionnels des marchés financiers à la suite de leur condamnation par la Commission des sanctions de l’Autorité des marchés financiers (AMF) à des sanctions disciplinaires du fait du non-respect des règles et du délai de couverture de ventes d’actions à découvert à l’occasion d’une opération d’augmentation de capital.

L'un (M.X) était directeur général délégué de la banque d’Orsay, responsable de l’activité de négociation pour compte propre. L'autre (M.Y) était employé par cette banque et exerçait ses fonctions au sein du desk « risque arbitrage ». En février 2005, la banque intervint dans l’opération d’augmentation de capital de la société Euro Disney au titre de laquelle sont apparuies des irrégularités dans le cadre de vente à découvert.

Le 4 septembre 2008, la Commission des sanctions prononça donc à l’encontre de chacune des personnes mises en cause un avertissement, ainsi que des sanctions pécuniaires, de 300 000 euros à l’encontre de la banque, de 25 000 euros à l’égard de M. X et de 20 000 euros à l’égard de M. Y.

Le 18 février 2011, le recours en annulation des requérants fut rejeté par le Conseil d’Etat.

Invoquant l’article 6 § 1 (droit à un procès équitable), MM. X et Y portent l'affaire devant la CEDH en estiment que leur cause n’aurait pas été examinée de manière impartiale par la Commission des sanctions de l’AMF. Ils dénoncaient également une violation du principe d’intelligibilité de la loi. Invoquant l’article 7 (pas de peine sans loi), ils se plaignaient d’une absence d’infraction et de sanction prévues par la loi

Ils reprochaient donc à l’AMF de ne pas avoir satisfait à l’exigence d’impartialité et de les avoir sanctionnés sur la base de dispositions ne répondant pas aux exigences d’accessibilité et de prévisibilité.

La CEDH a considéré qu’il n’y a pas lieu de douter de l’indépendance de la Commission des sanctions et de son rapporteur par rapport aux autres organes de l’AMF. La Cour estime que la loi applicable à l’époque des faits était suffisamment prévisible pour permettre aux requérants de savoir que leur responsabilité professionnelle pouvait être engagée du fait de la poursuite, sans couverture raisonnablement prévisible, d’achats de droits préférentiels jusqu’à la clôture de la période de souscription.