Parents surprotecteurs, cet article est fait pour vous. C'est en effet la rentrée et la tentation est grande de savoir ce que fait et où se trouve votre ado. 

De nombreuses applications sont en effet désormais disponibles spécialement conçues pour surveiller les enfants.

Les unes vont venir bloquer le portable de votre adolescent si ce dernier ne répond pas à vos appels, les autres permettent ni plus ni moins d'installer un logiciel espion sur le téléphone de votre chère tête blonde, pour tout savoir de ses faits et gestes.

C'est ainsi que le logiciel espion Fireworld Controller, proposé en version pro à 54,99 €(et même "pro entreprise" à 100 € de plus) a défrayé la chronique cet été.

Permettant  la surveillance de l’activité de votre progéniture en temps réel, mais aussi l’enregistrement de la frappe au clavier  grâce à un keylogger), comme le contrôle à distance,  l’activation de l’enregistrement audio et de la webcam, la récupération des mots de passe, la géolocalisation de l’ordinateur, cette application constitue l'outil du parfait parent espion !

Ce logiciel a égalemen surtout fait parler de lui pour sa désastreuse accroche publicitaire homophobe "découvrez si votre fils est gay" comme justification de l'espionnage parental ! (retrouvez notre interview sur ce sujet pour Néon Mag http://www.neonmag.fr/polemique-fireworld-propose-un-logiciel-espion-pour-decouvrir-si-votre-fils-est-gay-491263.html)

En France, l’utilisation de telles applications à l’insu du propriétaire du téléphone, fusse-t-il un enfant est illégale: la mise en place de logiciels pour espionner et surveiller les sites consultés par un proche, le piratage de sa boite mail, ou tous autres procédés destinés à surveiller ses échanges sont considérés comme frauduleux.

Espionner le téléphone portable d'un tiers constitue en effet une atteinte à sa vie privée.

Selon le code pénal, l’enregistrement des paroles sans le consentement, tout comme la violation du secret de la correspondance, sont punis d’une peine d’un an de prison et d’une amende de 45 000 euros (article 226-15 du code pénal).

Pour ne pas être hors la loi, il vous faudra donc informer préalablement votre enfant que vous avez téléchargé une application-espion sur son téléphone.

Même s'ils sont sous votre autorité parentale, la Convention internationale des droits de l’enfant leur reconnaît un droit à la vie privée [PDF].

En outre, rappelons que la vente sans autorisation de keyloggers et d'appareils de surveillance ainsi que leur publicité lorsqu’elle «constitue une incitation» à un usage illicite de ce type d’outil est également interdite.