Le RAPO est l'étape obligatoire avant tout recours contre une décision MDPH. Simon Parier, avocat expert en droit du handicap à Bordeaux, vous explique comment le rédiger efficacement.
La première chose que je demande à une famille qui me contacte après un refus de la MDPH, c'est la date portée sur sa notification. Parce que le délai pour contester est de deux mois à compter de la réception du courrier — pas du jour où vous l'avez lu, pas du jour où vous avez décidé d'agir. Dès réception. Passé ce délai, la décision devient définitive, quelles que soient ses failles et quels que soient vos droits.
À noter qu'un tel délai existe également lorsque la MDPH n'a pas rendu de décision passé un délai de quatre mois à compter du dépôt du dossier — c'est ce qu'on appelle la décision implicite de rejet née du silence de la MDPH. En pareille situation, la personne concernée dispose également de deux mois, à compter de l'acquisition de ce rejet implicite, pour former son recours.
C'est la première chose à retenir sur le RAPO MDPH. C'est aussi souvent la première erreur.
Ce qu'est vraiment le RAPO
Le Recours Administratif Préalable Obligatoire est la première étape de la contestation d'un refus de la MDPH. Ce recours est imposé par la loi avant toute saisine d'un tribunal. Son nom est barbare, sa logique est simple : avant d'aller devant un juge, vous devez demander à la MDPH — ou au Président du Conseil départemental lorsque le refus concerne une CMI mention stationnement — de réexaminer sa décision.
Obligatoire, le mot compte. Un dossier déposé directement au tribunal sans RAPO préalable sera déclaré irrecevable. Le juge peut soulever ce moyen d'office, sans possibilité de régularisation, ce qui conduit à un rejet de votre demande sans examen de son bien-fondé. J'ai vu des situations où tout était là — le droit, les pièces justificatives, les arguments — et où la procédure a quand même échoué sur ce seul point.
Ce que le RAPO n'est pas : une lettre de mécontentement. Une description de votre situation. Un appel à la compréhension. Ces courriers arrivent par dizaines à la MDPH et n'obtiennent rien, parce qu'ils ne parlent pas le bon langage.
Ce que le RAPO doit contenir
Un RAPO efficace identifie d'abord précisément la décision contestée : numéro de dossier, date de notification, nature de la prestation refusée, et une copie de la décision contestée jointe en annexe. Il argumente ensuite sur les critères légaux qui n'ont pas été correctement appliqués : le guide-barème pour le taux d'incapacité, la notion de restriction substantielle et durable d'accès à l'emploi pour l'AAH, les besoins de compensation pour la PCH. Et il s'appuie sur des pièces médicales récentes qui viennent contredire l'appréciation initiale de la CDAPH.
Sur ce dernier point, un conseil pratique : entre la décision de refus et le dépôt du RAPO, prenez le temps de consulter les spécialistes qui vous suivent pour obtenir des bilans actualisés. Un certificat médical daté de trois ans pèse beaucoup moins qu'un bilan établi le mois précédent. Attention toutefois : si de nouveaux certificats sont produits, ils devront faire état de la situation qui était la vôtre au jour du dépôt de votre dossier initial. À défaut, ces documents risqueraient de ne pas être examinés par la CDAPH, au motif qu'ils attesteraient de votre situation actuelle et non de celle ayant conduit à la décision contestée.
Pour vous aider dans la rédaction, consultez notre guide sur la lettre de recours MDPH.
Ce qui se passe après
La MDPH dispose de deux mois pour répondre. Si elle ne répond pas dans ce délai, son silence vaut rejet — vous pouvez alors saisir le tribunal. Si elle répond favorablement, vous obtenez gain de cause sans audience. Si elle confirme le refus, vous avez à nouveau deux mois pour porter le dossier devant le tribunal judiciaire pôle social — pour l'AAH, la CMI mention invalidité-priorité, l'AESH, l'AEEH, la PCH — ou le tribunal administratif — pour la RQTH, les décisions d'orientation professionnelle ou encore la CMI mention stationnement.
Ce que j'observe souvent : un RAPO bien construit aboutit favorablement dans une proportion significative de dossiers. Pas parce que la MDPH change d'avis facilement, mais parce que beaucoup de refus reposent sur un dossier initial incomplet, et que le RAPO est l'occasion de le corriger. C'est du temps et de l'énergie économisés pour tout le monde.
Faut-il un avocat pour rédiger un RAPO ?
La représentation par avocat n'est pas obligatoire à ce stade. Mais le RAPO n'est pas une formalité — c'est l'acte qui ouvre la procédure et qui en définit les contours. Ce que vous écrivez dans votre RAPO, vous le défendrez devant le tribunal s'il échoue. Un RAPO mal construit fragilise toute la suite. À l'inverse, un RAPO bien rédigé vous épargnera souvent une procédure contentieuse chronophage, stressante et parfois longue.
Au Cabinet Dyade Avocats, nous intervenons dès le RAPO parce que c'est là que se joue souvent l'essentiel. Notre pratique est entièrement dématérialisée — vous n'avez pas besoin de vous déplacer à Bordeaux pour être défendu efficacement, quelle que soit votre situation géographique.
Si vous avez reçu un refus de la MDPH, que vous vous retrouvez confronté au silence de la MDPH et que vous ne savez pas par où commencer, c'est exactement pour ça que nous sommes là.

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