Employeurs préparant une rupture conventionnelle : un mandat extérieur doit être révélé au plus tard pendant les entretiens, sauf connaissance antérieure de l’entreprise, car la procédure applicable change entièrement.

 

Les mandats internes sont généralement connus de l’employeur. D’autres protections peuvent résulter d’un mandat exercé à l’extérieur. La Cour de cassation a précisé le 18 mars 2026 que le salarié doit informer l’employeur de ce mandat, ou établir que celui-ci le connaissait, au plus tard lors des entretiens de rupture conventionnelle.

L’enjeu est majeur : une rupture conventionnelle concernant un salarié protégé ne suit pas la procédure d’homologation de droit commun. Elle nécessite une autorisation administrative.

 

Ce qu’il faut retenir : La rupture d’un salarié protégé relève de l’autorisation de l’inspecteur du travail, non de l’homologation ordinaire. L’employeur doit poser la question des mandats extérieurs et conserver une trace loyale de la réponse.

 

Pourquoi les entretiens sont-ils décisifs ?

Ils constituent le dernier moment utile pour identifier la protection avant la signature. Une question claire sur les mandats internes et extérieurs permet d’éviter qu’une information essentielle reste implicite.

L’employeur ne peut pas exiger une renonciation à la protection. Il doit seulement identifier le mandat, vérifier s’il relève des catégories protégées et adapter la procédure. Une information donnée après la signature peut placer l’entreprise dans une zone contentieuse difficile.

La vigilance reste partagée. Le salarié doit révéler un mandat que l’employeur ne peut connaître, mais l’entreprise ne doit pas ignorer les indices dont elle dispose : courriers, absences autorisées, désignations ou échanges institutionnels.

 

Que faire si le mandat est découvert tardivement ?

Il ne faut pas poursuivre mécaniquement la procédure ordinaire. L’entreprise doit suspendre l’envoi, analyser la protection, apprécier les actes déjà accomplis et, si nécessaire, reprendre la procédure appropriée.

 

Un point souvent sous-estimé

Les mandats extérieurs peuvent être moins visibles. Certaines fonctions représentatives sont exercées hors de l’entreprise et l’employeur n’en est pas toujours destinataire. La jurisprudence subordonne alors la protection, lorsque l’employeur n’en avait pas déjà connaissance, à une information donnée par le salarié au plus tard lors de l’entretien préalable ou, en matière de rupture conventionnelle, lors du ou des entretiens.

La Cour de cassation rappelle la règle applicable aux mandats dont l’employeur ne peut pas nécessairement avoir connaissance par l’organisation interne. Pour bénéficier de la protection, le salarié doit informer l’employeur de l’existence du mandat, ou démontrer que celui-ci en avait connaissance, au plus tard lors du ou des entretiens préalables à la rupture conventionnelle.

Si le mandat a été valablement révélé et que la procédure protectrice n’a pas été suivie, il est imprudent de poursuivre comme si de rien n’était. Tant que la rupture n’est pas acquise, les parties peuvent envisager d’abandonner la convention et de reprendre une procédure régulière, sous réserve d’une analyse du calendrier et du consentement.

À l’inverse, si le salarié ne révèle le mandat qu’après les entretiens et l’homologation, l’entreprise rassemble les comptes rendus, questions posées et éléments démontrant son ignorance. Elle vérifie néanmoins qu’aucun service, dirigeant ou représentant n’avait reçu l’information. La connaissance de l’entreprise ne se réduit pas à celle du signataire du formulaire.

Si l’information n’est donnée qu’après les entretiens et que l’employeur ne pouvait connaître le mandat, la décision du 18 mars 2026 fournit un argument important contre l’application rétroactive de la protection à cette rupture. Le dossier doit toutefois conserver les preuves de la date de révélation et des vérifications réalisées.

Un premier entretien porte sur le principe d’une rupture et son calendrier. Lors du second, le salarié indique être conseiller du salarié et remet un justificatif. L’information intervient encore pendant la phase d’entretien : l’employeur ne peut l’ignorer au motif qu’un projet de convention avait déjà été préparé.

 

Que doit faire l’employeur ?

  1. Ajouter une question standard sur les mandats extérieurs au guide d’entretien.
  2. Vérifier les informations déjà détenues par les RH et la direction.
  3. Demander une réponse écrite ou tracer fidèlement l’échange.
  4. Qualifier juridiquement le mandat et sa période de protection.
  5. Utiliser la procédure d’autorisation applicable.
  6. Réagir immédiatement à toute révélation après la signature.

 

FAQ

Quand le salarié doit-il révéler son mandat extérieur ?

Au plus tard au cours du ou des entretiens, sauf si l’employeur en avait déjà connaissance.

L’employeur peut-il poser la question ?

Oui, de manière neutre et limitée à la vérification de la procédure applicable.

La rupture d’un salarié protégé est-elle homologuée ?

Elle relève d’une autorisation de l’inspecteur du travail et non de la seule homologation de droit commun.

 

Lire l’analyse complète sur OBBLOG

Cette publication CNB présente les principaux réflexes. Pour retrouver l’analyse juridique détaillée, les références et la méthode complète, consultez OBBLOG, le blog d'OBBO Avocats : "Rupture conventionnelle et mandat extérieur : quand l’employeur doit-il être informé ?".

 

Échangeons sur votre situation.

OBBO Avocats conseille les employeurs, les directions RH et les organisations patronales en droit social.

 

À propos de l’auteur

Ludovic Blanc, avocat au barreau de Paris et fondateur d’OBBO Avocats, accompagne les entreprises, les employeurs et leurs organisations en droit du travail et de la protection sociale. Il anime OBBLOG, le blog du cabinet consacré au droit social côté employeur, et a créé en 2023 OBBOT, première IA en droit social développée par un cabinet d’avocats français pour ses clients.