Une saisie-attribution n’est pas une fatalité.
C’est une mesure d’exécution strictement encadrée.
La moindre irrégularité peut entraîner son annulation.

Voici l’essentiel.

------------------------------

1️⃣ Respecter le délai d’un mois
Conformément à l’article R.211-11 du Code des procédures civiles d’exécution, la contestation doit être formée :
- dans le délai d’un mois à compter de la dénonciation,
- par assignation devant le juge de l’exécution,
- et dénoncée le même jour (ou au plus tard le premier jour ouvrable suivant) à l’huissier par LRAR.

À défaut : irrecevabilité automatique.

------------------------------

2️⃣ Vérifier l’existence d’un titre exécutoire régulier
L’URSSAF ne peut saisir que si elle dispose :
- d’une contrainte devenue définitive,
- régulièrement signifiée à votre adresse réelle,
- non prescrite (prescription triennale – art. L.244-9 CSS).

Une contrainte mal signifiée ou prescrite =
- absence de titre exécutoire
- nullité de la saisie.

------------------------------

3️⃣ Examiner le procès-verbal de saisie
L’acte doit mentionner à peine de nullité :
- le décompte distinct (principal, frais, intérêts échus),
- le taux et l’assiette des intérêts,
- les mentions obligatoires prévues par l’article R.211-1 CPCE,
- les indications sur le solde bancaire insaisissable.

Un décompte imprécis, l’omission des intérêts échus,
une simple “provision sur intérêts” non détaillée…
peuvent suffire à faire annuler la mesure.

------------------------------

4️⃣ Soulever les moyens utiles
Selon la situation, vous pouvez demander :
- l’annulation et la mainlevée,
- la restitution des sommes saisies,
- le cantonnement des frais injustifiés,
- des délais de paiement (art. 1343-5 C. civ.),
- voire des dommages-intérêts en cas d’abus.

------------------------------

Ce qu’il faut comprendre

La saisie-attribution produit un effet immédiat.
Mais elle repose entièrement sur la régularité de la procédure.

 

 

Eric ROCHEBLAVE    
Avocat Spécialiste en Droit du Travail
et Droit de la Sécurité Sociale
 
   

Consultation par téléphone : cliquez ici