Le 1er mai est aussi un motif de redressement URSSAF.
L'URSSAF vous souhaite aussi une Bonne fête du travail !
En ce doux matin du premier jour de mai, devant les magasins fermés, des seaux blancs alignent du muguet.
Un homme arrose. Une femme range les brins par trois, par cinq, par sept.
Elle est salariée. Elle travaille le 1er mai.
Le patron paiera son salaire — c'est entendu.
C'est ce que disent ses bulletins, ce que dit son comptable, ce que dit l'usage.
Mais à côté du salaire, l'article L. 3133-6 du Code du travail veille.
Le salarié qui travaille le 1er mai a droit, en plus du salaire, à une indemnité égale au montant de ce salaire.
Une obligation, pas un geste.
Cette indemnité, l'URSSAF la regarde autrement que le fleuriste.
Pour le fleuriste, c'est un complément qu'on règle ou qu'on oublie.
Pour l'URSSAF, c'est un complément de salaire — donc une assiette de cotisations.
La même somme, deux lectures.
Trois ans passent.
La salariée n'a rien réclamé.
Le bulletin du mois de mai ressemble à celui de tous les mois.
Une lettre arrive.
Elle annonce un contrôle URSSAF.
L'inspecteur ouvre les bulletins, comptabilise les jours fériés travaillés depuis trois ans, reconstitue l'assiette qu'il aurait fallu déclarer. Il chiffre.
Le fleuriste objecte : « Mais je n'ai pas versé ces sommes. »
L'inspecteur répond ce que la deuxième chambre civile de la Cour de cassation a redit le 9 avril 2026 (Pourvoi n° 23-23.007), sur le terrain du minimum conventionnel : ces sommes entrent dans l'assiette des cotisations de sécurité sociale, même lorsque l'employeur s'est abstenu de les verser.
La règle vaut pour le conventionnel.
Elle vaut, par identité de raison, pour le complément de salaire légal qu'est l'indemnité du 1er mai.
Le fleuriste pensait avoir, au pire, un litige prud'homal éventuel.
Il a un redressement URSSAF certain.
Le 1er mai n'est pas un jour férié ordinaire.
C'est le seul jour obligatoirement chômé.
C'est aussi celui dont l'oubli sur le bulletin de salaire ouvre deux fronts simultanés : prud'homal et social.
Les fleuristes et les boulangers hésitent.
Le communiqué du Premier ministre du 17 avril 2026 les autorise à ouvrir ce 1er mai.
Deux conditions : volontariat écrit du salarié, doublement de la rémunération.
Le dispositif vise les artisans fleuristes et les boulangers-pâtissiers.
Pas les chaînes. Pas les grandes surfaces.
Tolérance, pas loi.
Le projet de texte de sécurisation est annoncé pour le 1er mai 2027.
D'ici là, l'article L. 3133-6 du Code du travail veille seul.
Pour l'URSSAF, la nuance n'existe pas. Tolérée par communiqué, dérogée par convention, ou pratiquée sans aucune base : l'ouverture le 1er mai déclenche la même règle. Le complément de salaire dû entre dans l'assiette des cotisations, même s'il n'a pas été versé.
Trois précautions pour le dirigeant qui ouvre ce 1er mai 2026.
- Volontariat écrit, daté, signé.
- Mention explicite « majoration 1er mai » sur le bulletin de paie.
- Doublement effectivement tracé.
Sans cela, le contrôleur prud'homal et l'inspecteur URSSAF ouvrent leurs deux fronts à trois ans.
Le bulletin de mai ressemble au bulletin de juin.
L'indemnité n'y figure pas.
Et l'assiette, silencieuse, attend son inspecteur.
Pendant que la France fête le travail, l'URSSAF lit les bulletins.

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