Le règlement (UE) 2022/2554, dit règlement DORA (Digital Operational Resilience Act), est applicable depuis le 17 janvier 2025.
Il établit un cadre européen unique de résilience opérationnelle numérique pour le secteur financier : banques, assurances, sociétés de gestion, entreprises d'investissement, établissements de paiement et de monnaie électronique, prestataires de services sur crypto-actifs, infrastructures de marché, soit une vingtaine de catégories d'entités au total.
Une Directive DORA 2022/2556 a également été adoptée par le Parlement européen et doit être transposée en France.
A date, le Projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité (portant transposition de la Directive DORA) a été adopté par le Sénat et est passé en Commission à l’Assemblée Nationale. Néanmoins, il n’a toujours pas été mis à l’ordre du jour de l’Assemblée Nationale par le Gouvernement. Le texte n’a donc pas encore été adopté.
Logique du Règlement DORA
La logique du règlement DORA est la suivante : la continuité d'activité d'une entité financière dépend de son système d'information et, de plus en plus, de prestataires informatiques tiers.
DORA fait donc du risque numérique un risque à part entière, placé sous la responsabilité directe de l'organe de direction (article 5 du Règlement).
Les 5 pilliers du Règlement DORA
Les cinq piliers du règlement DORA sont les suivants :
- Gouvernance et gestion du risque lié aux TIC : cadre documenté, cartographie des actifs, politique de sécurité, responsabilité de l'organe de direction.
- Notification des incidents majeurs à l’autorité : classification, déclaration à l'autorité compétente selon un calendrier contraignant (rapport initial, intermédiaire, final).
- Tests de résilience : programme de tests réguliers et, pour les entités les plus significatives, tests de pénétration fondés sur la menace (TLPT).
- Gestion du risque lié aux prestataires TIC : registre d'information, clauses contractuelles obligatoires (article 30), stratégies de sortie et de réversibilité.
- Partage d'informations sur les cybermenaces entre entités financières.
En somme, le règlement DORA met la responsabilité de la résilience numérique entre les mains de l'organe de direction : un état des lieux des contrats et des procédures constitue un préalable utile. Le cabinet se tient à disposition pour y contribuer.
Jessy Pollux
Avocate au barreau de Paris
Déléguée à la protection des données

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