Divorion.com a été inscrite sur la liste noire de l'Autorité des marchés financiers (AMF) le 20 juin 2025 dans la catégorie des produits dérivés sur crypto-actifs. Le Tribunal judiciaire de Paris a constaté en novembre 2025 que le site proposait des services d'investissement sans disposer de l'agrément légalement requis en France.

Qu'est-ce que Divorion.com proposait exactement ?

Selon la décision du tribunal, Divorion.com fonctionnait comme une plateforme de trading en ligne. Elle permettait aux utilisateurs d'ouvrir des comptes, de consulter des graphiques financiers et de passer des ordres sur deux types de produits particulièrement risqués : les options binaires et les CFD (contrats pour la différence). Ces ordres portaient sur divers actifs financiers.

Sur le papier, l'interface pouvait ressembler à celle de toute plateforme d'investissement légitime. Ce qui la distinguait n'était pas visible à l'écran : l'absence totale d'autorisation réglementaire. En France, proposer ce type de services exige une accréditation spécifique auprès des autorités financières. Divorion.com ne la possédait pas.

L'inscription AMF : qu'est-ce que cela signifie concrètement ?

L'AMF (Autorité des marchés financiers) est l'organisme chargé de contrôler et d'autoriser les acteurs des marchés financiers français. Elle tient une liste noire, appelée liste des acteurs non autorisés, dans laquelle elle inscrit les sites et sociétés qui opèrent sans agrément.

Divorion.com figure sur cette liste depuis le 20 juin 2025, classée dans la catégorie « Produits dérivés sur crypto-actifs ». Cette inscription n'est pas une condamnation pénale pour escroquerie, mais elle constitue une interdiction officielle : la plateforme n'a pas le droit de proposer ses services aux résidents français.

L'AMF et l'ACPR (l'autre autorité bancaire française) ont publiquement identifié Divorion.com parmi plusieurs acteurs opérant illégalement sur ce marché en France.

Que s'est-il passé après l'inscription sur liste noire ?

L'inscription sur liste noire n'a pas suffi à arrêter les activités de Divorion.com. La plateforme a continué à accepter des versements et à proposer du trading. L'AMF a donc agi en justice pour la forcer à cesser.

Chronologie des événements :

— 20 août 2025 : l'AMF constate par un procès-verbal que Divorion.com propose toujours des services sans agrément ;

— 29 août 2025 : le président de l'AMF adresse une mise en demeure au site pour qu'il arrête immédiatement ces activités ;

— 8 septembre 2025 : un nouveau constat établit que Divorion.com reste en ligne et continue ses opérations ;

— 12 novembre 2025 : le Tribunal judiciaire de Paris rend sa décision (numéro RG 25/56225).

Le tribunal a confirmé que Divorion.com ne figurait pas au registre REGAFI, la base de données officielle des prestataires autorisés. Il a ordonné des mesures pour empêcher l'accès au site depuis la France.

Quels sont les indices techniques qui inquiètent ?

Au-delà des décisions officielles, certains détails techniques renforçaient les doutes avant même le jugement. Le domaine divorion.com a été enregistré le 26 novembre 2024 — moins d'un an avant le jugement. Son propriétaire utilise un service de masquage des données WHOIS, c'est-à-dire qu'il a volontairement caché son identité dans les registres publics.

Ces éléments seuls ne prouvent pas une arnaque. Mais associés à l'inscription AMF et à la décision du tribunal, ils confirment que cette plateforme présentait tous les signaux d'alerte.

Des utilisateurs ont-ils signalé des problèmes ?

Oui. Des témoignages en ligne mentionnent des difficultés importantes lors des retraits d'argent. Un signalement datant de mai 2025 rapporte qu'une personne aurait versé 1 500 euros avant de ne plus pouvoir récupérer ses fonds. Un autre témoignage mentionne un premier versement de 250 euros suivi de l'impossibilité alléguée d'accéder à cet argent.

Il est important de préciser : ces témoignages sont des déclarations d'internautes, pas des preuves judiciaires. Mais ils s'alignent parfaitement avec le profil d'une plateforme d'investissement frauduleuse, où la difficulté à récupérer son argent est généralement l'une des premières alarmes.

Pourquoi les CFD et options binaires sont-ils dangereux ?

Ces deux produits financiers peuvent amplifier les pertes très rapidement. Ils fonctionnent souvent avec un effet de levier — c'est-à-dire que vous n'investissez qu'une partie de la somme, mais votre gain ou votre perte porte sur la somme totale. Le risque devient exponentiel.

Quand ces produits sont proposés par une plateforme légitime et autorisée, vous avez quand même une protection réglementaire. Une plateforme non autorisée comme Divorion.com offrait zéro protection : aucun recours régalien possible, aucune garantie des fonds, aucun tiers de confiance.

Comment reconnaître ces pièges lors de futurs versements ?

Après avoir subi une perte, certains utilisateurs reçoivent de nouvelles demandes d'argent, souvent présentées comme « nécessaires » pour débloquer le retrait. Méfiez-vous de demandes portant sur :

— Une taxe ou une charge administrative ;

— Des frais de conformité ou de vérification ;

— Une commission de retrait ;

— L'achat de crypto-monnaies ou de jetons pour libérer les bénéfices ;

— Un versement supplémentaire pour élever le statut de votre compte.

Une plateforme d'investissement légitime ne demande jamais ce type de paiement avant retrait. Chaque versement supplémentaire creuse le trou davantage.

Que faire si vous avez déjà envoyé de l'argent à Divorion.com ?

Première étape : arrêter immédiatement tout paiement. Même si on vous promet que le premier versement sera récupéré, n'envoyez rien de plus.

Deuxième étape : sauvegarder tous les éléments de preuve. Conservez :

— Les relevés bancaires des virements effectués ;

— Les preuves de paiement par carte bancaire ;

— Les adresses de portefeuilles crypto si vous avez utilisé des cryptomonnaies ;

— L'historique complet des transactions sur le compte ;

— Tous les e-mails reçus de la plateforme ;

— Les messages WhatsApp, Telegram ou autres correspondances ;

— Les captures d'écran du compte de trading ;

— Les noms et coordonnées des personnes qui ont pris contact avec vous ;

— Les demandes de retrait que vous avez effectuées et les réponses (ou absence de réponse).

Troisième étape : alerter votre banque. Contactez rapidement votre établissement bancaire pour lui signaler l'opération. Décrivez le contexte et transmettez-lui toutes les preuves. Les banques peuvent parfois bloquer ou faire restituer les paiements selon les circonstances.

Quatrième étape : envisager un dépôt de plainte. Selon votre situation et la somme versée, une plainte auprès du procureur peut être justifiée. Elle crée un dossier officiel et permet aux autorités d'enquêter.

Existe-t-il une chance de récupérer l'argent ?

Cela dépend entièrement de la trajectoire de votre argent. Où les fonds ont-ils été virés exactement ? Quel type de paiement avez-vous utilisé (virement, carte, crypto) ? Quelles banques ont traité l'opération ? Y a-t-il des traces sur une blockchain ?

Chaque dossier est unique. Certains paiements par carte bancaire peuvent être contestés auprès de la banque. Des virements bancaires peuvent parfois être tracés et bloqués s'ils sont détectés assez tôt. Les crypto-monnaies posent des défis supplémentaires mais restent traçables sur les blockchains.

Un professionnel qualifié doit étudier votre dossier précis pour évaluer réellement les recours envisageables. Les avocats spécialisés en escroqueries financières disposent des outils pour explorer ces pistes et, le cas échéant, engager les procédures appropriées auprès des banques, des processeurs de paiement ou des autorités.

Attention aux arnaqueurs qui promettent une récupération

Une fois que vous avez perdu de l'argent, vous devenez une cible. Des interlocuteurs affirment avoir localisé vos fonds ou vos cryptomonnaies sur une blockchain. Ils demandent un versement immédiat « de frais de déblocage » ou « de taxe » pour les récupérer.

C'est une escroquerie supplémentaire, appelée parfois « arnaques à la récupération ». Le fait qu'un interlocuteur connaisse le nom Divorion.com ou le montant approximatif de votre perte ne prouve absolument pas qu'il dispose de vos fonds. Vérifiez toujours l'identité de la personne qui vous approche. Les autorités et professionnels légitimes ne demandent jamais d'argent en avance.

Points clés à retenir

— Divorion.com est inscrite sur la liste noire officielle de l'AMF depuis le 20 juin 2025 ;

— Un tribunal a confirmé l'absence d'agrément et ordonné son blocage en France ;

— Aucun versement nouveau ne doit être effectué à cette plateforme ;

— Les CFD et options binaires non autorisés offrent zéro protection légale ;

— La rapidité est essentielle pour préserver les preuves et étudier les recours ;

— Méfiez-vous des promesses de récupération qui demandent un paiement en avance.

FAQ

Divorion.com figure-t-il vraiment sur la liste noire de l'AMF ?

Oui, depuis le 20 juin 2025, inscrit dans la catégorie « Produits dérivés sur crypto-actifs ». Cette information est publique sur le site de l'AMF.

Que signifie être sur la liste noire de l'AMF ?

Cela signifie que l'entité n'est pas autorisée à proposer les services qu'elle propose et qu'elle opère illégalement en France. C'est une interdiction officielle, pas une condamnation pénale.

Y a-t-il vraiment eu un jugement contre Divorion.com ?

Oui. Le Tribunal judiciaire de Paris a rendu une décision le 12 novembre 2025 (numéro RG 25/56225) constatant l'absence d'agrément et ordonnant le blocage du site en France.

Quand le site a-t-il été créé ?

Le domaine a été enregistré le 26 novembre 2024, ce qui en fait une plateforme très récente.

Si j'ai versé de l'argent, puis-je le récupérer ?

Cela dépend de nombreux facteurs : le mode de paiement, la banque impliquée, les délais écoulés, et les destinations de l'argent. Chaque situation nécessite une analyse personnalisée.

Quelles sont les premiers démarches après un versement ?

Arrêter tout paiement supplémentaire, conserver toutes les preuves, alerter votre banque et examiner les recours juridiques envisageables.

Puis-je faire confiance à quelqu'un qui promet de récupérer mon argent ?

Soyez extrêmement prudent. Les arnaques à la récupération sont fréquentes. Vérifiez toujours l'identité et les qualifications de la personne. Les professionnels légitimes ne demandent jamais d'argent en avance.

Sources