« REGULARISATION AN-1 / AN-2 »
Cette mention peut faire annuler votre contrainte URSSAF.

« REGULARISATION AN-1 / AN-2 »
Cette mention peut faire annuler votre contrainte URSSAF.

Deux contraintes.
13 782 € pour le 3e trimestre 2023.
1 328 € pour le 1er trimestre 2024.

Soit 15 110 € réclamés.

L'URSSAF soutenait que tout était régulier :
actes signés, montants indiqués, périodes mentionnées, nature des sommes précisée.

Les mises en demeure comportaient des rubriques structurées :

– « PÉRIODE(S) »
– « COTISATIONS ET CONTRIBUTIONS SOCIALES »
– « REGULARISATION AN-1 / AN-2 »
– « MAJORATIONS (PÉNALITÉS) »
– « MONTANT RESTANT À PAYER »

En apparence, la mécanique était complète.

Le Tribunal judiciaire de Beauvais (5 février 2026, n° 24/00054) rappelle pourtant une exigence claire :

La mise en demeure et la contrainte doivent permettre au cotisant de connaître la nature, la cause et l'étendue exacte de son obligation,
à peine de nullité,
sans qu'il soit nécessaire de démontrer un préjudice.

Or, dans cette affaire :

– les mises en demeure ne précisaient pas la nature exacte des montants réclamés ;
– la rubrique « REGULARISATION AN-1 / AN-2 » ne permettait pas d'identifier l'origine des sommes, ni leur méthode de calcul ;
– la simple mention « cotisations et contributions sociales personnelles du travailleur indépendant, majorations et pénalités » a été jugée insuffisante.

Conclusion :

Les deux contraintes sont intégralement annulées.
Les demandes en paiement sont rejetées.
Les frais de signification restent à la charge de l'URSSAF.
1 500 € accordés au titre de l'article 700 du code de procédure civile.

Le tribunal n'a même pas examiné les autres moyens.

En contentieux URSSAF, la question n'est pas seulement :
« Le montant est-il justifié ? »

Elle est d'abord :
« L'acte qui fonde la poursuite est-il juridiquement valable ? »

Beaucoup contestent le calcul.
Peu analysent la motivation.

C'est pourtant là que la procédure peut basculer.

 

 

Eric ROCHEBLAVE    
Avocat Spécialiste en Droit du Travail
et Droit de la Sécurité Sociale
 
   

Consultation par téléphone : cliquez ici