Un peu plus d’un mois avant que le Canard enchainé (Le Conseil de l'Ordre des médecins malade sous tout rapport, Fanny Ruz-Guindos et Louis Colvert, n° 5497, 17 mars 2026) ne révèle le contenu de la version provisoire d’un rapport confidentiel (Mission de vérification des activités de l’ordre des médecins, Inspection générale des finances, janv. 2026) mettant en cause, entre autres et notamment, « le traitement des signalements et des plaintes [qui] ne permet pas de garantir que les manquements déontologiques soient effectivement sanctionnés », un signalement avait été porté à la connaissance du conseil départemental de Paris concernant un tout jeune cardiologue, Vincent Aïdan, récemment installé rue Marbeau et gratifié de 20 avis positifs et une note de 5/5 sur sa fiche Google Business avant que le 21e avis ne le fasse baisser à 4,8/5.

À la réunion de « conciliation », initialement planifiée pour le 17 mars et reportée au 31 mars 2026, outre le plaignant et le médecin, étaient présents, selon le procès-verbal de non-conciliation, le « conseiller ordinal », Lamia Kerdjana, et une autre personne dont on ignorait de prime abord s’il s’agissait d’un médecin, d’un scrutateur, d’un assesseur ou autre secrétaire et qui se révélera être, quelques minutes avant la fin de la réunion, l’avocat du médecin. Certes, le rapport confidentiel de l’Inspection général des finances révélé par le palmipède et repris notamment, trois jours plus tard, sur une demi-page par le Monde (L’ordre des médecins étrillé par l’inspection des finances, Mattea Battaglia et Camille Stromboni, 20 mars 2026, p. 13) ne laissait rien espérer de cette réunion de « conciliation » mais la réalité va bien au-delà de ce qu'on pouvait supposer.

Pêle-mêle, on a donc lors de cette réunion de « conciliation » un personnage dont on ignore qui sait, qui anime bruyamment la réunion et contredit en tous points le plaignant et qui se révélera être... l’avocat du médecin, avocat qui porte le même nom, Frank Aïdan, que son « client » et qui refuse de révéler leur lien de parenté, qui n’a pas de carte de visite sur lui, qui n’a pas communiqué à la partie adverse les observations transmises à l’ordre des médecins et, cerise sur gâteau, Mme Kerdjana qui, après avoir vérifié en téléphonant à on ne sait qui, confirme que les observations du médecin n’ont pas à être communiquées au plaignant car ce n’est qu’une réunion de « conciliation » et non une « instance juridictionnelle ». On peut faire son deuil d’une sanction pour ce bébé-médecin.

Mais comme Dieu et les saints existent et de là-haut quelqu’un veille, un soupçon de réconfort a rapidement pointé son nez et ne s’est pas fait attendre. Que vois-je ? Que lis-je ? Une dépêche AFP, reprise par le Monde à 13:43, nous apprend en effet que le gouvernement demande à l’ordre national des médecins d’étudier une dissolution de l’ordre parisien. La ministre de la santé Stéphanie Rist a en effet demandé à l’ordre national, selon le communiqué cité par la dépêche, « de vérifier si les conditions pouvant conduire à la dissolution du conseil départemental de l’ordre des médecins de Paris (CDOM 75) sont remplies, et de proposer, le cas échéant, au directeur général de l’ARS Île-de-France de se prononcer sur cette dissolution », précisant que l’inspection générale des finances a par ailleurs procédé, sur le fondement de l’article 40 du code de procédure pénale, à un signalement au procureur de la république de Paris concernant l’ordre des médecins de Paris qui n’en est pas à son coup d’essai.

On peut également s’interroger sur l’avocat chevronné Frank Aïdan qui, à vu de nez a l’âge du grand-père de Vincent Aïdan, s’assoit royalement sur les principes essentiels qui gouvernent la profession d’avocat.