Lorsqu’un enfant doit être entendu par les services d’enquête après des révélations de faits graves, les parents se retrouvent souvent dans une position difficile. Ils veulent protéger, comprendre, rassurer. Mais ils craignent aussi de poser trop de questions, de mal formuler les choses ou d’influencer la parole de l’enfant.
La première règle est simple : il ne faut pas entraîner l’enfant à raconter. Une audition n’est pas un examen. L’enfant ne doit pas apprendre un récit, répéter une version ou être préparé à donner les “bonnes” réponses. Il doit pouvoir dire ce dont il se souvient, avec ses mots, y compris lorsqu’il ne sait pas, ne comprend pas ou ne se rappelle pas.
Le rôle du parent est donc de rassurer sans diriger. Il est possible d’expliquer à l’enfant qu’il va rencontrer des adultes chargés de l’écouter, qu’il peut répondre simplement, qu’il n’a pas à inventer et qu’il peut dire lorsqu’une question lui paraît difficile. En revanche, il faut éviter les questions répétées ou suggestives : “Il t’a touché ici ?”, “Tu es sûr que c’est lui ?”, “Tu vas leur dire ce que tu m’as dit ?”
Le parent peut aussi travailler sur ce qui relève de sa propre préparation. Il peut noter la chronologie des révélations, les mots exacts utilisés par l’enfant, les personnes présentes, les démarches déjà effectuées, les documents disponibles, les échanges importants ou les éléments médicaux et scolaires utiles. Cette préparation concerne les adultes, pas l’enfant.
Lorsque les faits allégués s’inscrivent dans une séparation conflictuelle, une difficulté de résidence, un droit de visite contesté ou une crise familiale plus large, il est d’autant plus important d’agir avec méthode. Une plainte pénale, une audition d’enfant et une procédure familiale ne doivent pas être confondues, même lorsqu’elles se répondent.
L’avocat peut aider à comprendre le cadre de l’audition, à préparer les démarches, à éviter les erreurs de méthode et à articuler la procédure pénale avec les autres enjeux familiaux. Il ne s’agit pas de promettre une issue, mais de permettre au parent de savoir quoi faire, quoi éviter et comment protéger l’enfant dans un cadre juridiquement cohérent.
Pour approfondir le sujet, vous pouvez consulter notre article consacré à l’audition d’un mineur victime d’agression sexuelle.

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