L'URSSAF réclame des cotisations sur 224 000 € d'indemnité transactionnelle.
La preuve d'un préjudice distinct suffit à annuler le redressement.
Une société verse 224 000 € à l'un de ses cadres pour mettre fin, par transaction, à un litige né de l'exécution de son contrat.
L'URSSAF y voit un complément de rémunération et l'assujettit aux cotisations.
Le principe est connu et sévère.
L'article L. 242-1 du Code de la sécurité sociale soumet à cotisations tout ce qui est versé en contrepartie ou à l'occasion du travail.
Une indemnité transactionnelle y entre par défaut.
Elle n'en sort que pour la fraction qui répare un préjudice — et c'est à l'employeur de le démontrer.
Tout s'est joué sur des écrits.
Onze jours avant la signature du protocole, le conseil du salarié avait adressé une lettre annonçant une action prud'homale.
Motif : un préjudice de carrière, décrit précisément.
Un cadre venu de l'étranger pour un poste qu'il n'a jamais pu exercer librement, court-circuité dans ses décisions, entravé dans sa rémunération variable.
Le protocole reprend ce préjudice.
Le salarié y déclare avoir perçu l'intégralité de ses salaires, primes, congés et solde de tout compte.
L'indemnité ne réparait donc aucun élément de rémunération : elle réparait un préjudice.
Le pôle social du tribunal judiciaire d'Auxerre (22 avril 2026, RG 25/00244) en tire la conséquence.
Au-delà de la qualification que les parties donnent à leur accord, le juge recherche la nature réelle des sommes.
Ici, cette nature indemnitaire était établie, documentée, antérieure.
Le chef de redressement est annulé.
L'URSSAF est condamnée à 1 000 € au titre de l'article 700.
La leçon n'est pas que « les transactions échappent aux cotisations ».
C'est l'inverse. Elles y sont soumises — sauf preuve construite, datée, cohérente, du préjudice qu'elles réparent.
Cette preuve se prépare avant la signature, pas devant le juge.
Chaque dossier dépend de ses actes, de ses dates, de ses montants et de sa procédure.
Ce qui a fonctionné ici ne se transpose pas mécaniquement.
Décision de première instance, susceptible d'appel.
Face à l’URSSAF
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