Vous avez fondé une entreprise, vous souhaitez vous installer en Nouvelle-Zélande, mais vous n'avez aucune intention de vendre. Une question se pose alors rapidement : comment serez-vous imposé en Nouvelle-Zélande sur les parts que vous conservez à l'étranger ?
Le Golden Visa ouvre la porte, mais ne règle pas la fiscalité
Le programme Active Investor Plus, couramment appelé « Golden Visa », permet à des investisseurs étrangers de s'installer en Nouvelle-Zélande avec leur famille. Il est accessible à partir de 5 millions de dollars néo-zélandais investis dans des placements admissibles.
Le visa règle le droit de séjour. Il ne dit rien de la manière dont seront imposées vos participations à l'étranger, et il ne détermine pas à lui seul votre résidence fiscale.
Les premières années : le régime du « transitional resident »
Les personnes qui deviennent résidentes fiscales néo-zélandaises sont en principe imposées sur leurs revenus mondiaux. Pour les nouveaux arrivants, la Nouvelle-Zélande prévoit toutefois une exemption temporaire d'environ quatre ans sur la plupart des revenus étrangers : intérêts, dividendes, loyers, revenus de fonds étrangers. Elle écarte aussi les règles d'imposition sur revenu présumé applicables aux investissements étrangers et aux sociétés étrangères contrôlées.
Ce régime est soumis à des conditions :
- vous ne devez pas avoir été résident fiscal néo-zélandais au cours des dix années précédentes, et vous ne pouvez en bénéficier qu'une seule fois ;
- il ne couvre pas les revenus d'emploi ni les revenus de prestations de services de source étrangère : la rémunération que vous tirez de votre société reste imposable ;
- c'est votre résidence fiscale, et non votre visa, qui détermine son point de départ.
Il offre donc un répit, mais il est temporaire. À son terme, vous êtes imposable en Nouvelle-Zélande sur vos revenus mondiaux, y compris sur vos parts détenues à l'étranger. C'est là que se pose la question suivante.
Le problème : être imposé sans avoir rien reçu
Prenons un exemple. Vous avez fondé une société à l'étranger et, après l'arrivée d'investisseurs, vous en détenez une participation minoritaire. Vous déménagez en Nouvelle-Zélande en gardant vos parts. La société se développe, mais elle réinvestit ses bénéfices pour recruter et croître : elle ne vous verse aucun dividende, et vous ne vendez rien.
Une fois l'exemption temporaire terminée, les règles néo-zélandaises sur les investissements étrangers peuvent vous imposer sur un revenu calculé de façon théorique, alors que vous n'avez rien encaissé (analyse de l'administration fiscale). L'impôt doit alors être financé par d'autres ressources que l'investissement lui-même.
Ce que le projet de réforme changerait
1. Un impôt calé sur ce que vous recevez réellement. Pour certaines participations dans des sociétés étrangères non cotées, le projet élargirait l'accès à une méthode fondée sur les dividendes perçus et sur le gain réalisé à la revente, plutôt que sur un rendement annuel présumé. Cette méthode existe déjà pour certains nouveaux arrivants ; la réforme la rendrait accessible à davantage de contribuables (document de politique fiscale).
Dans notre exemple, si les conditions sont remplies, conserver ses parts sans dividende ni cession pourrait ne pas déclencher d'impôt annuel sur ces titres. L'objectif n'est pas de supprimer l'impôt, mais de limiter les cas où il faut payer avant d'avoir perçu de l'argent.
2. Une meilleure tenue de l'avantage lors des levées de fonds. Sous conditions, la dilution d'un fondateur à l'entrée de nouveaux investisseurs ne lui ferait plus perdre le traitement fiscal adapté dont il bénéficiait.
Ce que cela ne signifie pas
- Les mesures fiscales ne sont pas réservées aux titulaires du Golden Visa. Les deux dispositifs sont complémentaires : l'un permet de s'installer, l'autre cherche à lever certains obstacles à une installation durable.
- Tous les entrepreneurs ne sont pas concernés de la même façon. Si vous détenez la totalité ou la majorité de votre société, d'autres règles peuvent s'appliquer, notamment celles des sociétés étrangères contrôlées.
- Diriger la société depuis la Nouvelle-Zélande peut avoir des conséquences fiscales pour la société elle-même.
- Le régime du nouveau résident n'est ni automatique pour tous ni illimité. Il dépend de votre historique de résidence et prend fin au bout d'environ quatre ans.
Préparer son installation dans son ensemble
Visa, résidence fiscale, durée de l'exemption temporaire, parts conservées à l'étranger et rôle dans l'entreprise forment un tout. Ils doivent être examinés avant le départ.
Au 8 octobre 2026, les mesures de réforme décrites restent à l'état de projet de loi et dépendent de leur adoption définitive. Le régime du « transitional resident » est, lui, déjà en vigueur. Cet article présente des informations générales et ne remplace pas une analyse de votre situation.

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