Un podcast intitulé : "Génération(s) Verte(s), un podcast où jeunes et jeuniors parlent d'écologie" (à écouter sur ce site https://agirpourlatransition.ademe.fr/particuliers/ressources/podcasts/generations-vertes ) permet de prendre conscience que les jeunes portent la transition écologique, réclament des actions pour le climat et s'orientent vers les nouveaux métiers de l'énergie verte : la génération verte est née.
Depuis leur plus jeune âge, les nouvelles générations sont sensibilisées aux enjeux climatiques, à la transition écologique, aux énergies renouvelables et à la protection de l'environnement.
Le développement du photovoltaïque s'inscrit naturellement dans cette évolution.
Produire son électricité grâce au soleil, réduire sa consommation d'énergies fossiles, améliorer la performance énergétique de son logement : sur le papier, le projet paraît difficile à contester.
Mais cette sensibilité écologique peut également devenir un puissant argument commercial pour les éco-délinquants.
Dans le secteur du photovoltaïque, certains vendeurs savent parfaitement utiliser les préoccupations environnementales des consommateurs pour présenter leur installation comme une opération à la fois écologique, rentable et quasiment sans risque.
Le danger apparaît lorsque le discours écologique prend le dessus sur la réalité économique.
Car le photovoltaïque n'est pas une arnaque, seules des personnes malintentionnées la transforme en arnaque en vendant des matériels hors de prix et en avançant des promesses chimériques.
Dès lors, une vente photovoltaïque peut devenir une véritable mauvaise affaire lorsque les promesses du commercial sont trompeuses, exagérées ou déconnectées de la réalité.
La génération verte : une génération particulièrement sensible à l'écologie
La jeunesse actuelle a grandi avec les questions climatiques.
Réchauffement climatique, réduction des émissions de gaz à effet de serre, sobriété énergétique, développement des énergies renouvelables : ces notions font désormais partie du quotidien.
Cette évolution est positive.
Elle signifie que de nombreux consommateurs souhaitent donner davantage de cohérence écologique à leur mode de vie.
Installer des panneaux photovoltaïques peut alors apparaître comme une décision particulièrement vertueuse : produire une énergie renouvelable, réduire sa dépendance au réseau et participer à la transition énergétique.
Mais précisément parce que le consommateur est convaincu du bien-fondé écologique de son projet, il peut parfois être moins attentif à la question essentielle : l'installation qui lui est proposée est-elle réellement économiquement intéressante ?
C'est là que le discours commercial peut devenir dangereux.
Les 5 promesses des commerciaux qui peuvent transformer le rêve écologique en arnaque photovoltaïque
1. « Vous allez quasiment supprimer votre facture d'électricité »
C'est l'une des promesses les plus séduisantes.
Le commercial explique que les panneaux photovoltaïques vont produire suffisamment d'électricité pour réduire considérablement la facture, voire la supprimer presque entièrement.
Le consommateur se dit alors qu'il va devenir autonome tout en réalisant d'importantes économies.
Mais produire sa propre électricité ne signifie pas nécessairement supprimer sa facture.
La production photovoltaïque dépend notamment de l'ensoleillement, de l'orientation et de l'inclinaison du toit, de la puissance installée, des conditions météorologiques et des performances des équipements.
De son côté, la consommation du foyer ne correspond pas nécessairement aux périodes de production solaire.
Une installation peut donc réduire une facture sans la faire disparaître.
La question à poser au commercial
Il ne faut pas demander seulement :
« Combien vais-je économiser ? »
Il faut exiger une démonstration chiffrée :
-
quelle production annuelle est réellement prévue ;
-
quelle quantité sera autoconsommée ;
-
quelle quantité sera revendue ;
-
quelle économie annuelle est réellement attendue ;
-
sur quelles hypothèses repose cette estimation.
Une simulation commerciale n'est pas une garantie de résultat.
2. « Votre installation va s'autofinancer »
C'est sans doute l'une des promesses les plus puissantes psychologiquement.
Le commercial présente le photovoltaïque comme un investissement qui ne coûtera finalement rien au consommateur.
Le raisonnement est simple :
les panneaux produisent → la facture baisse → le surplus est revendu → les économies et les revenus paient le crédit.
Le consommateur a alors l'impression que son installation sera financée par sa propre production.
Mais cette démonstration repose sur de nombreuses hypothèses.
Il faut notamment connaître :
-
le prix réel de l'installation ;
-
le coût total du crédit ;
-
la production réellement attendue ;
-
le taux d'autoconsommation ;
-
le prix de revente du surplus ;
-
les économies réellement réalisables ;
-
la durée du financement.
Si la production est inférieure aux prévisions, si la consommation est différente ou si les revenus attendus sont surestimés, le consommateur reste malgré tout tenu de payer son crédit.
La banque ne réduit pas les mensualités parce que les panneaux produisent moins que prévu.
Une promesse d'autofinancement doit donc être considérée comme une affirmation commerciale qui mérite d'être démontrée, et non comme une certitude.
3. « Vous allez bénéficier de plusieurs milliers d'euros d'aides »
La génération verte est naturellement attentive aux dispositifs destinés à favoriser la transition énergétique.
Les aides publiques peuvent donc devenir un formidable argument commercial.
Le vendeur annonce parfois plusieurs milliers d'euros d'aides, de primes ou d'économies.
Le prix de l'installation paraît alors immédiatement plus acceptable.
Mais une question doit être posée :
quelle aide exactement ?
Le consommateur doit vérifier :
-
les conditions d'éligibilité ;
-
le montant réellement applicable ;
-
l'organisme qui verse l'aide ;
-
le bénéficiaire ;
-
les démarches à accomplir ;
-
et le moment où l'aide sera effectivement perçue.
Il faut surtout se méfier d'une aide présentée comme automatique ou garantie alors qu'elle dépend en réalité de conditions particulières.
Une prétendue subvention ne doit jamais servir à rendre artificiellement attractive une installation dont le prix est disproportionné.
4. « Vos panneaux vont augmenter la valeur de votre maison »
Voici une autre promesse particulièrement séduisante.
Le consommateur ne ferait pas seulement une dépense écologique.
Il réaliserait un investissement qui permettrait également de valoriser son patrimoine immobilier.
L'argument peut paraître logique.
Une maison équipée de panneaux photovoltaïques peut effectivement présenter certains avantages aux yeux d'un acquéreur.
Mais il existe un monde entre : « une installation peut constituer un atout lors de la vente » et « vos panneaux vont augmenter la valeur de votre maison du montant que vous avez payé ».
La valeur d'un bien immobilier dépend de nombreux facteurs : localisation, état général, marché immobilier, performance énergétique, caractéristiques de l'installation, rentabilité réelle et éventuel financement encore en cours.
Il est donc dangereux de présenter la valorisation immobilière comme une conséquence financière automatique de l'installation.
30 000 € dépensés dans des panneaux ne signifient pas mécaniquement 30 000 € de valeur supplémentaire pour la maison.
5. « Vous serez tranquille pendant 25 ou 30 ans »
Dernière promesse : celle de la tranquillité.
Les panneaux seraient conçus pour durer plusieurs décennies et nécessiteraient très peu d'entretien.
L'argument peut être parfaitement légitime lorsqu'il est présenté avec précision.
Mais il faut distinguer la durée de vie annoncée des panneaux de celle de l'ensemble de l'installation photovoltaïque.
Le consommateur doit notamment s'intéresser aux différents équipements, à leurs garanties et aux conditions d'intervention en cas de panne.
Il doit savoir :
-
qui assure le service après-vente ;
-
pendant combien de temps ;
-
quelles garanties sont réellement applicables ;
-
qui prend en charge les éventuelles interventions ;
-
et quels coûts peuvent rester à sa charge.
Une promesse de tranquillité pendant plus d'une vingtaine d'années n'a de valeur que si elle correspond à des engagements précis.
Quand l'écologie devient un argument pour vendre du crédit
C'est probablement le point le plus important.
Dans certaines ventes photovoltaïques, le commercial ne présente pas réellement l'installation comme une dépense.
Il la présente comme un investissement.
Mieux encore : comme un investissement qui serait financé par les économies futures.
Le consommateur entend alors :
« Vous allez produire votre propre énergie. »
« Vous allez faire des économies. »
« Vous allez revendre votre surplus. »
« Vous allez bénéficier d'aides. »
« Votre maison va prendre de la valeur. »
« Et vos panneaux vont payer eux-mêmes le crédit. »
Pris séparément, chacun de ces arguments peut sembler séduisant.
Mis bout à bout, ils peuvent donner l'impression que l'installation est quasiment gratuite.
C'est précisément à ce moment que le consommateur doit prendre du recul.
Le crédit révèle le véritable coût de l'opération
Une installation photovoltaïque peut coûter plusieurs dizaines de milliers d'euros.
Lorsqu'elle est financée par un crédit, le consommateur doit donc regarder non seulement le prix des panneaux, mais également le coût total du financement.
Une mensualité apparemment raisonnable peut représenter, sur plusieurs années, une somme considérable.
Il faut donc comparer :
- coût total de l'installation + coût total du crédit
avec - économies réelles + revenus réellement générés par l'installation.
C'est cette comparaison qui permet de déterminer si l'opération est réellement intéressante.
Pas le discours du commercial.
Le piège de l'« étude gratuite »
Une autre technique doit attirer l'attention.
Le commercial propose parfois une « étude gratuite » destinée à déterminer le potentiel photovoltaïque du logement.
Le consommateur accepte naturellement.
Après tout, il ne s'engage à rien.
Mais il doit vérifier très attentivement les documents qui lui sont présentés.
Une étude n'est pas nécessairement une simple étude.
Un document intitulé « bon de commande », « commande », « contrat » ou comportant un prix, des mensualités ou une description précise des travaux peut engager juridiquement le consommateur.
Il faut donc toujours lire le document dans son intégralité avant de le signer.
Et surtout ne jamais se contenter de ce que le commercial affirme oralement.
Le photovoltaïque n'est pas le problème : les promesses peuvent l'être
Il serait absurde d'opposer écologie et prudence.
La transition énergétique constitue un enjeu majeur.
La production d'électricité solaire peut parfaitement s'inscrire dans cette transition.
Mais un projet écologique doit également être un projet économiquement cohérent.
La bonne question n'est donc pas :
« Est-ce écologique d'installer des panneaux ? »
La bonne question est :
« L'installation qui m'est proposée est-elle réellement adaptée à mon logement et à ma situation financière ? »
Ce changement de perspective est essentiel.
"Génération verte" : ne laissez pas votre conscience écologique être exploitée
Les nouvelles générations sont probablement plus sensibles que jamais aux enjeux environnementaux.
C'est une chance pour la transition écologique.
Mais cette sensibilité ne doit pas devenir une faiblesse commerciale.
Un consommateur qui souhaite protéger la planète ne doit pas être conduit à signer précipitamment un contrat de plusieurs dizaines de milliers d'euros parce qu'on lui explique que son choix est « bon pour la planète ».
L'écologie ne rend pas une offre commerciale rentable par nature.
L'énergie solaire ne rend pas un crédit gratuit.
Une promesse d'économie n'est pas une économie réalisée.
Et une simulation de production n'est pas une garantie de rentabilité.
Les 5 phrases auxquelles il faut particulièrement faire attention
Avant de signer une installation photovoltaïque, méfiez-vous notamment des affirmations suivantes :
1. « Vous n'aurez quasiment plus de facture d'électricité. »
2. « Les panneaux vont payer eux-mêmes votre crédit. »
3. « Vous allez toucher plusieurs milliers d'euros d'aides. »
4. « Votre maison va prendre de la valeur grâce aux panneaux. »
5. « Vous êtes tranquille pendant plus de 20 ans. »
Ces affirmations ne sont pas nécessairement fausses dans toutes les situations.
Mais elles ne doivent jamais être acceptées sans vérification.
Le consommateur doit demander des chiffres, des documents, des hypothèses vérifiables et des engagements contractuels précis.
La véritable écologie, c'est aussi la transparence
La génération verte veut consommer autrement, produire autrement, préserver les ressources et participer à la transition énergétique.
Cette aspiration est parfaitement légitime.
Mais une véritable transition écologique ne peut pas reposer sur des promesses commerciales irréalistes.
Installer des panneaux photovoltaïques doit être un choix réfléchi, fondé sur la réalité de la production, le prix de l'installation, le coût du crédit, les économies attendues et la situation personnelle du consommateur.
La planète mérite mieux que des promesses commerciales.
Et le consommateur aussi.
Dans le photovoltaïque, le meilleur réflexe reste donc le plus simple :
ne signez jamais parce qu'une installation paraît écologique. Signez uniquement après avoir vérifié qu'elle est réellement adaptée, réellement chiffrée et réellement rentable.
Me Grégory ROULAND - avocat au Barreau de PARIS
Tél. : 0689490792
Mail : gregory.rouland@outlook.fr

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