Vous avez reçu un avis à victime de se constituer partie civile du juge d’instruction et vous vous demandez quelles démarches effectuer ?
Recevoir un avis à victime de se constituer partie civile peut être une étape déstabilisante. Ce document signifie qu’une information judiciaire a été ouverte et que vous avez la possibilité de participer à la procédure en tant que victime.
Se constituer partie civile permet notamment d’avoir accès au dossier, de demander des actes d’enquête et de faire valoir ses droits tout au long de l’instruction.
Cependant, les démarches et le rôle de la partie civile restent souvent difficiles à comprendre pour une victime.
Voici ce qu’il faut savoir lorsque vous recevez un avis à victime de se constituer partie civile.
Comment se constituer partie civile ?
Lorsqu’une instruction judiciaire est ouverte, qu’elle soit correctionnelle ou criminelle, les victimes sont identifiées dans le cadre de la procédure.
Le juge d’instruction doit alors informer la victime de l’ouverture d’une procédure et de son droit de se constituer partie civile, conformément à l’article 80-3 du code de procédure pénale.
La victime peut se constituer partie civile soit en adressant un courrier au greffe du juge d’instruction, soit en complétant un formulaire de déclaration de constitution de partie civile.
Si la victime est mineure, elle ne peut pas se constituer partie civile seule. Ainsi, deux situations peuvent se présenter :
- Les représentants légaux du mineur peuvent se charger de la constitution de partie civile en son nom,
- Si la protection des intérêts du mineur ne peut être assurée par les représentants légaux, un administrateur ad hoc sera désigné pour effectuer ces démarches.
C’est le cas, par exemple, lorsque l’un des représentants légaux est mis en examen dans la procédure dans laquelle le mineur est victime.
Quels sont les droits de la partie civile pendant l’instruction ?
La constitution de partie civile permet à la victime d’exercer plusieurs droits au cours de l’instruction.
La partie civile dispose notamment du droit de :
- Avoir accès au dossier d’instruction par l’intermédiaire de son avocat,
- Être entendue en audition par le juge d’instruction,
- Demander la réalisation d’actes d’instruction ou de production de pièces,
- Formuler des observations à la suite de l’avis de fin d’information.
Par exemple, lors d’une instruction criminelle pour viol, le cabinet avait produit les échanges SMS du mis en examen et la victime, ce qui a permis d’éclairer le juge d’instruction sur les relations entre les parties.
Il est essentiel que la victime puisse faire valoir ses droits tout au long de l’instruction judiciaire.
Que se passe-t-il à la fin de l’instruction judiciaire ?
A l’issue de l’instruction, le magistrat instructeur rend une ordonnance de règlement.
Il peut s’agir :
- D’une ordonnance de mise en accusation devant la Cour d’assises ou la Cour criminelle départementale,
- D’une ordonnance de renvoi devant le Tribunal correctionnel,
- D’une ordonnance de non-lieu.
En tant que partie à la procédure, la partie civile peut interjeter appel de cette ordonnance, tout comme le mis en examen.
Par exemple, lors d’une instruction criminelle pour des faits de viol avec violence, le magistrat instructeur avait décidé de requalifier les faits en violences volontaires.
Le juge d’instruction avait rendu un non-lieu pour le viol et une ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel.
La partie civile a interjeté appel de cette ordonnance. La chambre de l’instruction a infirmé l’ordonnance et a rendu un arrêt de mise en accusation devant la Cour criminelle départementale afin que le mis en examen soit jugé pour viol.
Dans un autre dossier, à l’issue d’une instruction judiciaire pour des faits de viol, le juge d’instruction avait rendu une ordonnance de mise en accusation devant la Cour criminelle départementale. L’accusé a interjeté appel de cette décision.
La chambre de l’instruction a confirmé l’ordonnance du juge d’instruction et l’accusé a été jugé devant la Cour criminelle et reconnu coupable.
Pourquoi se faire assister par un(e) avocat(e) ?
La victime peut prendre contact avec un(e) avocat(e) dès la réception de l’avis à se constituer partie civile.
Elle peut choisir librement son avocat(e) ou demander au bâtonnier de l’ordre des avocats la désignation d’un(e) avocat(e).
L’avocat(e) pourra alors se charger des démarches de constitution de partie civile et du suivi de la procédure afin d’assurer la défense des intérêts de la victime.
Pour les crimes considérés comme étant les plus graves (meurtre, tortures ou actes de barbarie, viol, actes de terrorisme), l’aide juridictionnelle est de droit.
Maître Caroline BOECKMANN assiste les victimes de crimes au titre de l’aide juridictionnelle, dans l’Essonne (91) mais également dans toute la France.
Faut-il obligatoirement un(e) avocat(e) pour se constituer partie civile ?
La victime peut se constituer partie civile seule.
Toutefois, l’assistance d’un(e) avocat(e) permet de mieux comprendre la procédure et d’exercer pleinement les droits reconnus à la partie civile.
Combien de temps la victime a-t-elle pour se constituer partie civile ?
La victime peut se constituer partie civile pendant toute la durée de l’instruction judiciaire.
Recevoir un avis à victime de se constituer partie civile peut susciter de nombreuses interrogations. Pourtant, cette démarche est essentielle pour permettre à la victime de participer à la procédure et de défendre ses intérêts tout au long de l’instruction judiciaire.
L’assistance d’un(e) avocat(e) permet notamment de comprendre la procédure, d’accéder au dossier pénal et de solliciter des actes d’enquête utiles à la manifestation de la vérité.
Maître Caroline BOECKMANN accompagne les victimes dans les procédures pénales, notamment en matière de crimes et d’infractions graves.
Le cabinet peut vous conseiller dès la réception de l’avis à victime de se constituer partie civile et vous assister tout au long de la procédure pénale.

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