Dans une procédure pénale concernant des faits sexuels dénoncés par un mineur, une expertise psychologique peut être ordonnée. Pour les parents, cette étape est souvent difficile à comprendre. Ils se demandent si l’enfant va devoir tout répéter, si l’expert va dire si l’enfant dit vrai, ou si le rapport peut influencer la suite de la procédure.
Il faut d’abord rappeler une chose importante : l’expert n’est pas le juge. Il n’a pas pour rôle de condamner, de relaxer ou de décider seul si les faits sont établis. Sa mission consiste à éclairer la justice sur des éléments techniques : état psychologique de l’enfant, conséquences possibles des faits dénoncés, besoins de soins, fonctionnement de l’enfant ou éléments utiles à la compréhension du dossier.
L’expertise ne doit donc pas être lue comme un détecteur de vérité. Un enfant peut être en souffrance pour plusieurs raisons. À l’inverse, l’absence de signes psychologiques très visibles ne signifie pas nécessairement que les faits dénoncés sont faux. Le rapport doit toujours être replacé dans l’ensemble du dossier : audition de l’enfant, chronologie, témoignages, certificats, messages, contexte familial, déclarations des adultes et autres actes d’enquête.
Pour les parents, la principale erreur serait de vouloir “préparer” l’enfant en lui faisant répéter son récit. Il vaut mieux le rassurer simplement : il peut dire ce dont il se souvient, dire qu’il ne sait pas, ou dire qu’il ne comprend pas une question. Le travail de préparation concerne surtout les adultes : remettre de l’ordre dans la chronologie, conserver les éléments utiles et éviter les initiatives qui pourraient fragiliser la parole de l’enfant.
Pour la personne mise en cause, l’expertise doit également être analysée avec précision. Il faut distinguer ce que l’expert constate réellement, ce qu’il rapporte à partir des déclarations, et ce qu’il interprète. Un rapport peut parfois être discuté, notamment lorsqu’il comporte des limites, des contradictions ou lorsqu’il dépasse la mission confiée.
Dans les dossiers les plus sensibles, l’avocat peut aider à comprendre le rôle de l’expertise, à analyser le rapport, à formuler des observations ou, lorsque cela se justifie, à envisager une demande de complément ou de contre-expertise.
Pour une analyse plus complète de cette étape, vous pouvez consulter ce guide consacré à l’expertise psychologique dans une affaire d’agression sexuelle sur mineur.
Plus largement, ces questions doivent être replacées dans l’ensemble de la procédure pénale applicable aux dossiers d’agression sexuelle sur mineur, car l’expertise n’est qu’un élément parmi d’autres : plainte, auditions, certificats, échanges numériques, confrontation éventuelle, instruction ou audience.

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