Actions collectives en fraude financière : où en est le droit français ? Loi n° 2025-391 du 30 avril 2025 ; Cass. crim., 8 avril 2026, n° 25-80.668.

Points clés à retenir

  • Le droit français ne connaît pas d'action de groupe spécifique à l'escroquerie financière.
  • La pratique repose sur la constitution de partie civile groupée dans le cadre d'informations judiciaires.
  • La loi du 30 avril 2025 a unifié le régime de l'action de groupe et étendu la capacité d'agir des associations agréées.
  • Un arrêt du 8 avril 2026 rappelle les conditions strictes de recevabilité de la constitution de partie civile par une association.

 

Sommaire

  • Une clarification nécessaire sur les actions de groupe
  • Un cadre associatif qui se structure
  • La voie la plus opérante aujourd'hui pour les victimes

 

Une clarification nécessaire sur les actions de groupe

Contrairement à une idée reçue, le droit français ne connaît pas d'action de groupe propre à l'escroquerie financière. L'action de groupe, issue de la loi du 17 mars 2014, reste cantonnée à des domaines précis énumérés par la loi : consommation, santé, environnement, données personnelles, discriminations. Aucune de ces catégories ne recouvre, en tant que telle, l'escroquerie financière visant des particuliers.

Ce que la pratique appelle souvent, par simplification, « actions collectives » dans ce contentieux, relève en réalité d'un mécanisme différent et bien plus ancien : la constitution de partie civile groupée dans le cadre d'une information judiciaire ouverte pour escroquerie. Ce n'est pas un régime procédural autonome, mais une pratique organisée par des cabinets d'avocats et des associations de victimes.

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Un cadre associatif qui se structure

La loi n° 2025-391 du 30 avril 2025 a néanmoins fait évoluer sensiblement ce paysage : elle a unifié le régime de l'action de groupe applicable aux différents domaines existants, et étendu la capacité d'agir des associations agréées devant les juridictions civiles, pour faire cesser tout agissement illicite portant atteinte à l'intérêt collectif des épargnants et des consommateurs de produits financiers.

La jurisprudence rappelle toutefois, avec une rigueur constante, les conditions de recevabilité de ces actions portées par des associations. Par un arrêt du 8 avril 2026, la chambre criminelle de la Cour de cassation précise qu'une association ne peut se constituer partie civile pour défendre l'intérêt collectif qu'elle représente que si elle dispose d'un agrément en vigueur au moment où le juge statue, et si son action respecte scrupuleusement les conditions fixées par ses propres statuts, notamment un mandat clair pour agir au nom de ses adhérents.

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La voie la plus opérante aujourd'hui pour les victimes

Pour les victimes d'escroqueries financières organisées (plateformes de trading fictives, faux placements, réseaux internationaux structurés) la voie la plus opérante demeure aujourd'hui la constitution de partie civile groupée dans le cadre d'une information judiciaire, souvent ouverte au pôle financier de Paris ou dans une juridiction interrégionale spécialisée (JIRS).

Cette stratégie collective présente plusieurs avantages concrets : elle permet de mutualiser les moyens d'investigation entre de nombreuses victimes dispersées, de peser plus fortement dans la procédure face à des structures d'escroquerie parfois complexes et internationales, et d'accélérer l'indemnisation individuelle de chaque victime en s'appuyant sur un dossier commun déjà instruit.

 Définition — Action de groupe

Procédure permettant à une association agréée d'agir en justice au nom d'un groupe de personnes placées dans une situation similaire, dans les domaines limitativement énumérés par la loi (consommation, santé, environnement, données personnelles, discriminations).

 

Définition — Constitution de partie civile groupée

Pratique consistant, pour plusieurs victimes d'une même infraction, à se constituer partie civile conjointement dans le cadre d'une information judiciaire, afin de mutualiser les moyens et de peser plus fortement dans la procédure pénale.

 

Nos conseils pratiques

  • Si vous êtes victime d'une escroquerie financière organisée, renseignez-vous sur l'existence éventuelle d'une information judiciaire déjà ouverte concernant les mêmes auteurs ou la même structure.
  • Rejoindre une action déjà engagée est souvent plus rapide, moins coûteux et plus efficace que d'initier une procédure isolée.
  • Vérifiez toujours qu'une association qui vous propose de vous représenter dispose bien d'un agrément en cours de validité.

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FAQ

Existe-t-il une action de groupe spécifique aux escroqueries financières en France ?

Non. L'action de groupe reste limitée aux domaines prévus par la loi de 2014 (consommation, santé, environnement, données personnelles, discriminations). Les victimes d'escroquerie financière recourent en pratique à la constitution de partie civile groupée.

Une association peut-elle toujours se constituer partie civile en mon nom ?

Non, elle doit disposer d'un agrément en vigueur au moment où le juge statue, et respecter les conditions fixées par ses statuts, notamment un mandat clair pour agir.

Comment rejoindre une action collective contre une plateforme de trading frauduleuse ?

Renseignez-vous sur l'existence d'une information judiciaire déjà ouverte, souvent via le pôle financier de Paris, et rapprochez-vous d'un avocat ou d'une association agréée qui pourra vous indiquer comment vous y joindre.

Vous êtes concerné par une situation similaire ? Un premier échange téléphonique gratuit permet de faire le point sur votre dossier.

thomas.gauriat@tga-avocat.fr  |  07.61.77.20.83  |  thomas-gauriat-avocat.fr