Si vous réalisez des travaux de construction sur un bien qui appartient à votre conjoint, mieux vaut savoir que vous risquez de ne pas être indemnisé. Ce travail manuel, aussi fatigant soit-il, pourra être perçu comme une simple contribution aux charges du mariage. 

C'est ce qu'a rappelé la Cour de cassation dans un important arrêt publié au Bulletin (4 février 2026, 24-10.920). Dans cette affaire, un époux, qui était maçon de métier, avait activement participé pendant plusieurs années à la construction de la maison familiale sur un terrain acquis en propre par son épouse. Cette participation ne s'était pas limitée au gros œuvre de la construction mais s'était aussi étendue à la conception de la maison et aux travaux de second œuvre.

La Cour de cassation approuve la Cour d'appel d'avoir rejeté la demande d'indemnisation au motif que ce travail manuel de l'époux (qu'on appelle apport en industrie) devait être regardé comme sa propre contribution aux charges du mariage.

Toutefois, cette jurisprudence a ses limites. Par exemple, il pourra en aller différemment si les travaux ne portent pas sur la maison familiale mais sur un investissement locatif, ou encore si l'ampleur du travail accompli a largement excédé ce qui était normalement attendu pour la participation à la vie familiale.