L’usage du téléphone au volant n’est plus seulement une infraction sanctionnée par une amende et un retrait de points. Dans certaines situations, il peut désormais conduire à une suspension rapide du permis de conduire, parfois sans attendre la décision d’un juge.
Cette évolution marque un durcissement important. Jusqu’ici, la suspension administrative visait surtout les cas où le téléphone tenu en main était commis en même temps qu’une autre infraction routière. Désormais, certaines préfectures appliquent une réponse plus sévère, avec une suspension immédiate du permis pour les conducteurs contrôlés téléphone en main.
Téléphone au volant : un risque de suspension qui se renforce
La sanction classique du téléphone au volant reste connue : 135 € d’amende et 3 points retirés sur le permis de conduire lorsque l’infraction devient définitive.
Mais le risque ne s’arrête plus nécessairement là. Le Code de la route permet aussi une suspension du permis, soit comme sanction judiciaire, soit comme mesure administrative décidée par le préfet dans certaines situations.
Concrètement, un conducteur peut donc se retrouver dans trois cas de figure :
une simple verbalisation avec amende et retrait de points ;
une rétention du permis suivie d’une suspension administrative en cas de cumul avec une autre infraction ;
une suspension immédiate décidée par le préfet dans certains départements appliquant une politique renforcée.
La règle classique : téléphone au volant et autre infraction simultanée
Le mécanisme classique concerne le conducteur qui utilise un téléphone tenu en main tout en commettant une autre infraction routière.
Depuis la loi d’orientation des mobilités et le décret du 18 mai 2020, le préfet peut prononcer une suspension administrative lorsque l’usage du téléphone au volant est commis simultanément avec une infraction relevant notamment des règles de conduite, de vitesse, de croisement, de dépassement, d’intersection ou de priorité.
Il peut s’agir, par exemple, d’un feu rouge franchi, d’un stop non respecté, d’une ligne continue franchie, d’un dépassement dangereux, d’un refus de priorité ou d’une vitesse inadaptée.
Dans ce cas, les forces de l’ordre peuvent retenir le permis lors du contrôle. Le préfet dispose ensuite d’un délai pour décider d’une éventuelle suspension administrative.
La nouvelle pratique : une suspension immédiate dans certains départements
Depuis 2025 et 2026, une pratique préfectorale plus stricte est apparue dans plusieurs départements. Elle consiste à suspendre immédiatement le permis de conduire d’un conducteur contrôlé avec un téléphone tenu en main, sans attendre une décision judiciaire.
Cette mesure est notamment appliquée dans :
les Landes ;
le Lot-et-Garonne ;
le Pas-de-Calais ;
la Charente-Maritime, depuis le 1er mai 2026.
Dans ces départements, la suspension peut aller de 15 jours à 6 mois. Elle repose sur l’article L.224-7 du Code de la route, qui permet au préfet de prononcer une suspension provisoire lorsqu’il est saisi d’un procès-verbal constatant une infraction punie par le Code de la route d’une peine complémentaire de suspension.
Il faut toutefois rester précis : il ne s’agit pas, à ce stade, d’une suspension automatique applicable partout en France. La mesure dépend de politiques préfectorales locales. D’autres départements peuvent décider de l’appliquer à leur tour.
Une mesure qui peut s’ajouter aux sanctions habituelles
La suspension immédiate du permis ne remplace pas les sanctions classiques. Elle peut donc s’ajouter à l’amende de 135 € et au retrait de 3 points.
Pour mieux comprendre la différence entre les mesures administratives et judiciaires, vous pouvez consulter notre article consacré à la suspension du permis de conduire.

Pas de contribution, soyez le premier