Beaucoup de victimes l'ignorent : l'assurance automobile obligatoire ne couvre pas seulement les collisions. Lorsqu'un véhicule prend feu ou explose, même stationné et moteur éteint, les personnes brûlées ou blessées ont droit à indemnisation.

L'article R.211-5 du Code des assurances est explicite : l'obligation d'assurance couvre les dommages résultant des accidents, incendies ou explosions causés par le véhicule, ses accessoires et les produits servant à son utilisation. Peu importe donc que le sinistre provienne du moteur, d'une installation de gaz, d'un réfrigérateur de camping-car ou d'un équipement embarqué : dès lors que l'élément sert à l'utilisation du véhicule, la garantie joue.

Les assureurs tentent parfois d'échapper à cette obligation en soutenant que le véhicule était à l'arrêt, que le blessé était l'assuré lui-même, ou en opposant telle ou telle clause d'exclusion. Ces arguments sont régulièrement écartés par les tribunaux : la garantie obligatoire est due même sans mouvement du véhicule, l'assuré victime en bénéficie, et une clause qui viderait l'assurance obligatoire de sa substance est inopposable à la victime. Il n'est pas rare qu'un assureur indemnise la destruction du véhicule tout en refusant, à tort, de couvrir les blessures causées par le même sinistre.

En pratique, deux réflexes sont décisifs : conserver le rapport d'expertise technique qui identifie l'origine du sinistre, souvent déterminant, et ne pas se laisser décourager par un premier refus, chaque poste de préjudice corporel devant être évalué selon la nomenclature Dintilhac.

Cette analyse, illustrée par une affaire récente dans laquelle le cabinet défendait les victimes, est détaillée sur le site du cabinet : https://www.cabinet-sarfati.fr/actualites-juridiques/explosion-camping-car-indemnisation-victimes/