Après un accident, les assureurs raisonnent volontiers en pourcentages : un faible taux de déficit fonctionnel permanent justifierait, selon eux, une indemnisation modeste. C'est confondre deux mesures qui n'ont rien à voir, et c'est souvent au détriment des victimes les plus jeunes.
Le taux de déficit mesure l'atteinte à l'intégrité physique. Il ne dit rien de ce que cette atteinte détruit dans une vie professionnelle donnée. Un poignet atteint à 6 % laisse un employé de bureau poursuivre sa carrière, mais peut interdire définitivement un métier où l'excellence physique est la condition d'entrée. C'est précisément ce que répare l'incidence professionnelle, poste distinct de la nomenclature Dintilhac.
Ce poste est indépendant des pertes de gains. Il n'exige ni baisse de revenus, ni arrêt de travail : il indemnise la dévalorisation sur le marché du travail, la pénibilité accrue, l'abandon d'une profession ou la perte de chance de réaliser un projet professionnel. Une carrière qui n'avait pas encore commencé peut ainsi être indemnisée, à condition d'être concrète et documentée — contrats, convocations, inscriptions, attestations. Plus le projet est solidement engagé, plus la perte de chance est évaluée haut.
Deux réflexes sont décisifs. Rassembler dès maintenant tout ce qui matérialise votre parcours et vos projets d'avant l'accident. Et exiger que la dimension professionnelle soit réellement instruite lors de l'expertise médicale, par des questions précises à l'expert, au besoin par un sapiteur spécialisé, plutôt que de laisser le seul taux de déficit occuper le terrain.
Cette analyse, illustrée par un jugement récent obtenu par le cabinet devant le tribunal judiciaire de Marseille — 75 000 € d'incidence professionnelle pour 6 % de déficit —, est détaillée sur le site du cabinet : https://www.cabinet-sarfati.fr/actualites-juridiques/incidence-professionnelle-indemnisation-carriere/

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