Le testament olographe, écrit à la main par son auteur, est la forme la plus répandue. Simple et gratuit, il est aussi fragile : une erreur de forme peut suffire à le priver d'effet. Voici les principaux points de vigilance, pour ceux qui rédigent comme pour ceux qui veulent contester.

Les trois conditions de validité

Selon l'article 970 du Code civil, le testament olographe doit être écrit en entier, daté et signé de la main du testateur. Un texte dactylographié, même signé à la main, n'est pas valable sous cette forme. Un testament écrit en partie par un tiers encourt également la nullité.

La date

L'absence de date ou une date incomplète peuvent entraîner la nullité. Les juges admettent toutefois de reconstituer la date à partir d'éléments figurant dans le testament lui-même, complétés le cas échéant par des éléments extérieurs. La date est décisive lorsqu'il existe plusieurs testaments ou un doute sur la capacité du testateur à un moment donné.

La signature

Elle doit permettre d'identifier l'auteur et exprimer son approbation du contenu. Une signature placée en tête du document, ou très différente de la signature habituelle, peut être discutée. En cas de doute sur l'écriture, une expertise graphologique peut être ordonnée.

Le contenu

Un testament ne peut pas porter atteinte à la réserve héréditaire des enfants : il n'est pas annulé pour autant, mais les libéralités excessives sont réduites. Un legs devient caduc si son bénéficiaire décède avant le testateur. Un testament postérieur peut révoquer le précédent, en tout ou en partie.

Conserver et faire connaître le testament

Un testament gardé dans un tiroir peut disparaître. Le déposer chez un notaire permet son inscription au Fichier central des dispositions de dernières volontés, consulté systématiquement lors de l'ouverture de la succession.

Le conseil de l'avocat

Face à un testament qui vous semble suspect, demandez une copie au notaire et faites-la analyser rapidement : forme, date, écriture, contexte médical. Ce premier examen oriente toute la stratégie.

Maître Linda Ferrari, avocate au Barreau de Nice, cabinet LAWINGS – 52 bis boulevard Victor Hugo, Nice. Droit des successions et de l'indivision. Site : www.lawings-avocat.fr – Tél. 04 49 39 28 19.