Mise aux normes du local commercial : votre bailleur doit payer — sauf exception que mon article détaille
Votre bailleur vous demande de financer la mise aux normes de votre local, en invoquant une clause du bail qui met « tous les travaux » à votre charge. Avant de signer le moindre devis, lisez ceci : le Code de commerce, la jurisprudence, et un arrêt de la Cour de cassation du 5 mars 2026 placent cette charge d'abord sur le propriétaire. Dans mon article, j'explique les règles, les exceptions, et vos recours si le bailleur refuse d'agir.
Les points essentiels que je développe :
- L'obligation de délivrance : le point de départ : le bailleur est tenu par la loi de vous remettre un local conforme à la réglementation et adapté à l'usage prévu au bail — et de le maintenir tel pendant toute la durée du contrat. Un local dans lequel votre activité ne peut légalement s'exercer n'est pas un local délivré au sens juridique.
- La destination du bail, votre argument le plus solide : si votre bail mentionne une activité précise (restaurant, commerce alimentaire, établissement recevant du public), le bailleur doit vous délivrer un local qui permette concrètement d'exercer cette activité. La Cour de cassation l'a confirmé : l'absence d'un conduit d'extraction dans un local loué à destination de restaurant constitue un manquement à l'obligation de délivrance.
- L'arrêt du 5 mars 2026 : l'obligation est continue : la troisième chambre civile vient de juger que cette obligation ne s'épuise pas à la remise des clés — elle court pendant toute la durée du bail. Conséquence directe : vous restez recevable à agir même longtemps après votre entrée dans les lieux, et vous pouvez obtenir réparation sur les cinq années qui précèdent votre demande.
- Ce que le bail ne peut pas vous faire payer (article R. 145-35) : pour les baux conclus ou renouvelés depuis le 5 novembre 2014, les grosses réparations et les travaux de mise en conformité relevant de cette catégorie ne peuvent plus vous être refacturés, même si une clause le prévoit. Une clause générale type « le preneur fera son affaire de tous les travaux » ne suffit pas : il faut une stipulation expresse et précise pour transférer valablement une charge qui incombe par défaut au bailleur.
- La limite : quand une clause vous engage vraiment : une clause expresse et précise portant sur des travaux qui ne sont pas des grosses réparations reste valable — la Cour de cassation l'a confirmé en juillet 2023 pour une mise aux normes ERP expressément mise à la charge du locataire. D'où l'importance de lire le bail avant de conclure, et non après.
- Vos recours : mise en demeure préalable, puis exécution forcée en nature ou remboursement si vous avez avancé les frais. La suspension du loyer est juridiquement admise mais à manier avec précaution — elle peut déclencher la clause résolutoire si elle est mal calibrée.
Mon article répond également aux questions les plus fréquentes : que faire si le bail est ancien, si vous avez déjà payé, ou si votre local est dans un bâtiment soumis aux contraintes des Bâtiments de France.

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