Séquestre fonds de commerce : pourquoi votre prix est bloqué, combien de temps, et comment le récupérer plus vite
Vous avez signé la vente de votre fonds de commerce, l'acquéreur a versé le prix — et pourtant cet argent ne vous parvient pas. Il est conservé sous séquestre, souvent plusieurs mois, par l'avocat rédacteur via la CARPA. La plupart des explications disponibles abordent le séquestre du point de vue de l'acheteur. Dans mon article, je le traite du vôtre : celui du vendeur qui attend son prix, qui veut comprendre les délais réels et qui cherche des leviers concrets pour débloquer les fonds au plus tôt.
Les points essentiels que je développe :
- Pourquoi le prix est bloqué : le séquestre protège l'acquéreur contre deux risques — les créanciers du vendeur qui peuvent exiger d'être payés sur le prix, et la solidarité fiscale qui expose l'acheteur aux impôts dus par le cédant. L'acheteur qui réglerait directement le vendeur avant l'expiration des délais « n'est pas libéré à l'égard des tiers » et pourrait devoir payer une seconde fois.
- Les délais réels : 3 à 5 mois en pratique : la loi fixe un plafond de 105 jours à compter de l'acte (porté à 165 en cas de déclaration fiscale tardive). Ces délais s'emboîtent : 10 jours d'opposition des créanciers après les publications légales, puis 90 jours de solidarité fiscale à compter du dépôt de la déclaration de résultat de cession. Mon article détaille chaque étape dans un tableau chronologique.
- Premier levier : ne séquestrer qu'une partie du prix : aucune loi n'impose de bloquer 100 % du prix. Si le risque estimé est de 80 000 € sur un prix de 200 000 €, l'acte peut prévoir le versement immédiat des 120 000 € restants. Ce levier se négocie à la rédaction de l'acte — c'est le plus efficace et le plus souvent oublié.
- Deuxième levier : ramener la solidarité fiscale de 90 à 30 jours : trois conditions suffisent — avis de cession dans les 45 jours, déclaration de résultat déposée dans les délais, et cédant à jour fiscalement. Si votre expert-comptable dépose la déclaration rapidement, vous récupérez votre prix environ deux mois plus tôt. Ces conditions se sécurisent avant la signature.
- Troisième levier : contester une opposition abusive : une opposition de créancier ne vous oblige pas à attendre passivement. Le cantonnement en référé permet de ne laisser bloquée que la fraction réellement en jeu ; la mainlevée permet d'obtenir la suppression d'une opposition sans titre ni cause sérieuse.
- Forcer la répartition en justice : passé le délai légal de 105 jours, un séquestre qui tarde peut être contraint en référé de déposer les fonds à la Caisse des dépôts ou de les remettre à un séquestre répartiteur. C'est un levier inscrit dans la loi que presque personne n'explique au vendeur — et dont la seule perspective suffit souvent à débloquer la situation.
Mon article traite également des scénarios d'accident (annulation de la vente, procédure collective du vendeur ou de l'acquéreur), de la question de la dispense de séquestre, et des frais de séquestre et leur répartition.

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