Bonne nouvelle si vous êtes ou avez été en arrêt de travail : depuis une loi de 2024, vous continuez à gagner des congés payés pendant votre arrêt, qu'il vienne d'une maladie ordinaire ou d'un accident. Voici, en clair, ce que vous pouvez obtenir et les pièges à éviter.

1. Vous gagnez des congés, même pendant l'arrêt

Avant 2024, un salarié en arrêt maladie « classique » ne gagnait aucun jour de congé pendant son absence. Ce n'est plus le cas. Désormais, votre arrêt de travail continue de vous faire acquérir des congés payés, quelle que soit l'origine de la maladie ou de l'accident. C'est le grand changement, et il s'applique à tout le monde.

2. Combien de jours gagnez-vous ?

Tout dépend de la cause de votre arrêt :

  • Maladie ou accident de la vie courante (sans lien avec le travail) : vous gagnez 2 jours de congé par mois d'arrêt, dans la limite de 24 jours sur l'année, soit 4 semaines.
  • Accident du travail ou maladie professionnelle : vous gagnez 2,5 jours par mois, jusqu'à 30 jours par an, et sans limite de durée de l'arrêt.

3. Vous avez 15 mois pour poser ces congés (et votre employeur doit vous prévenir)

Si votre arrêt vous a empêché de poser vos congés à temps, vous disposez d'un délai de 15 mois pour les prendre après votre retour.

Point important : ce délai ne démarre que lorsque votre employeur vous a informé, par écrit (souvent sur le bulletin de paie), du nombre de jours dont vous disposez et de la date limite pour les poser. Tant qu'il ne l'a pas fait, vos congés ne sont pas perdus. Une fois informé, veillez à les prendre dans le délai indiqué.

4. Attention : un arrêt très long peut vous faire perdre des congés

Si votre arrêt se prolonge sur plusieurs années sans interruption, une règle particulière s'applique. Les congés gagnés pendant vos premières années d'arrêt peuvent être définitivement perdus si vous ne reprenez pas le travail dans les 15 mois qui suivent l'année où vous les avez acquis. Autrement dit, une absence de très longue durée peut vous priver d'une partie de vos droits, même si vous n'avez jamais eu l'occasion de poser ces congés.

5. Pouvez-vous réclamer des congés pour le passé ?

La loi permet de remonter jusqu'à 2009 pour les arrêts sans lien avec le travail. Mais tout dépend de votre situation :

  • Vous êtes toujours dans la même entreprise : le délai spécial pour réclamer ces congés anciens s'est refermé en avril 2026. Il est donc, en principe, trop tard pour ce rattrapage.
  • Vous avez quitté l'entreprise : vous pouvez encore, en général, réclamer une somme correspondant à ces congés, dans un délai de 3 ans après votre départ. Selon votre date de départ, une démarche peut donc rester possible.

Pour les accidents du travail et maladies professionnelles, un recours reste parfois envisageable pour le passé, en s'appuyant sur les règles européennes. C'est plus technique : l'avis d'un avocat est alors particulièrement utile.


Chaque situation est différente : dates de l'arrêt, information reçue ou non de l'employeur, règles propres à votre convention collective. Pour faire le point précisément sur vos droits, rapprochez-vous d'un avocat en droit du travail.