Trois dirigeants d'un réseau de sociétés de rénovation énergétique ont été condamnés par la Cour d'appel d'Orléans à des peines de prison ferme allant de dix-huit mois à trois ans pour des faits d'escroquerie. Ils ont également écopé de 70.000 € d'amende chacun et de la confiscation de près de 700.000 € de biens, véhicules et avoirs bancaires : https://www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/dgccrf/media-document/cp-dgccrf-sanction-renovation-energetique.pdf

Si le lien n'est plus actif, le communiqué est joint au présent article, à la fin.


Les condamnations prononcées par la Cour d'appel d'Orléans constituent un nouveau signal fort adressé aux entreprises qui développent des pratiques frauduleuses dans le secteur de la rénovation énergétique.

Trois dirigeants d'un réseau de sociétés intervenant dans les travaux de rénovation énergétique ont été condamnés à des peines de trois ans, deux ans et demi et dix-huit mois de prison ferme, avec incarcération. Ils ont également été condamnés à de lourdes amendes et ont vu plusieurs centaines de milliers d'euros de biens, véhicules et avoirs bancaires confisqués.

Au-delà de la sévérité des sanctions, cette affaire illustre les méthodes employées par certaines sociétés pour tromper les consommateurs et obtenir la signature de contrats de travaux particulièrement coûteux.


Un réseau organisé pour inspirer confiance

Selon les éléments de l'enquête, les dirigeants avaient créé plusieurs sociétés utilisant des dénominations volontairement proches de celles d'une organisation connue du grand public afin d'instaurer un climat de confiance auprès des particuliers.

Cette stratégie commerciale n'avait rien d'anodin : elle permettait de donner une apparence de sérieux et de légitimité aux entreprises lors des démarchages à domicile.

À la suite de nombreux signalements effectués auprès des services de protection des consommateurs, une enquête a été ouverte. Les investigations ont finalement permis de mettre au jour un dispositif organisé reposant sur des pratiques répétées destinées à convaincre les particuliers de signer des contrats.


Des pratiques malheureusement bien connues

Cette affaire rappelle les mécanismes rencontrés dans de nombreux dossiers de rénovation énergétique.

Les consommateurs se voient souvent promettre des aides publiques présentées comme certaines ou déjà accordées. Puis, quelques jours plus tard, un nouveau discours apparaît : les aides seraient finalement suspendues, gelées ou insuffisantes, rendant prétendument indispensables des travaux complémentaires.

Un nouveau bon de commande est alors proposé, parfois dans l'urgence, avec des remises exceptionnelles ou des aides fictives venant réduire artificiellement le prix affiché.

Dans de nombreuses situations, les commerciaux affirment également représenter un organisme officiel, un service public, un partenaire de l'État ou un organisme chargé de la transition énergétique afin de rassurer les particuliers.

Les enquêtes révèlent régulièrement l'utilisation de supports commerciaux trompeurs, de cartes professionnelles ambiguës, de scripts de démarchage soigneusement préparés et, parfois, de documents laissant croire à l'existence d'aides garanties alors qu'aucune décision d'attribution n'a été prise.


Une réponse pénale de plus en plus ferme

Les condamnations prononcées démontrent que les juridictions considèrent désormais ces pratiques avec une particulière gravité lorsqu'elles relèvent d'une véritable organisation destinée à tromper les consommateurs.

Les peines de prison ferme, les amendes importantes ainsi que les confiscations de biens montrent que les dirigeants peuvent être personnellement tenus responsables lorsque les infractions sont établies.

Cette évolution est particulièrement importante pour les victimes, qui constatent que les agissements de certaines sociétés ne sont plus analysés comme de simples différends commerciaux mais peuvent donner lieu à de véritables poursuites pénales.


Les victimes disposent de recours

Une condamnation pénale ne constitue pas le seul moyen d'obtenir réparation.

Les consommateurs peuvent également engager des actions devant les juridictions civiles afin de solliciter, selon les circonstances de leur dossier, l'annulation des contrats, la restitution des sommes versées, l'indemnisation de leurs préjudices ou encore la remise en cause des crédits souscrits pour financer les travaux.

Chaque situation doit naturellement être examinée individuellement, mais de nombreux contrats conclus à la suite d'un démarchage irrégulier ou de pratiques trompeuses peuvent faire l'objet d'une contestation.


Une vigilance indispensable

Le secteur de la rénovation énergétique demeure particulièrement exposé aux pratiques frauduleuses en raison des nombreuses aides publiques existantes et de la complexité des dispositifs de financement.

Face à un commercial qui affirme que les aides sont garanties, demande une signature immédiate, prétend représenter un organisme officiel ou annonce que l'offre n'est valable que quelques heures, la prudence est essentielle.

Les récentes condamnations démontrent toutefois que les autorités d'enquête et les juridictions renforcent progressivement leur action contre ces réseaux organisés.

Pour les consommateurs déjà engagés dans un contrat de rénovation énergétique, il ne faut pas penser qu'il est trop tard. Selon les circonstances, des recours demeurent possibles afin de faire valoir leurs droits et d'obtenir réparation du préjudice subi.


Me Grégory ROULAND - avocat au Barreau de PARIS

Tél. : 0689490792

Mail : gregory.rouland@outlook.fr

 Site : https://sites.google.com/view/gregoryrouland/accueil