Les évolutions récentes de la législation permettent de faciliter le changement de nom de famille ou de nom d’usage. Mais est-ce vraiment toujours une bonne idée ?

Depuis le 1er juillet 2022, il est devenu possible de modifier son nom de famille sans avoir à justifier de motif légitime. Une simple déclaration en mairie suffit désormais. C'est une avancée, mais attention, cette décision est irréversible et ne peut être prise qu'une fois dans la vie.

Pour les jeunes majeurs particulièrement, il est crucial de bien réfléchir avant de changer de nom, notamment en cas de conflit familial. Un nom de famille, c’est plus qu’un mot : c’est un lien, une appartenance, un héritage.

J'ai en tête l'exemple d'un jeune majeur de 20 ans, en conflit avec son père, qui souhaitait changer de nom sous la pression de sa mère. J'ai pris le temps de l'écouter et de comprendre ses motivations, puis je lui ai expliqué les conséquences de cette décision, notamment son caractère définitif et l'impact possible sur ses liens familiaux. Finalement, il a admis qu'il avait besoin de plus de réflexion.

La loi a aussi introduit des modifications concernant le nom d’usage des enfants mineurs. Désormais, un parent peut décider seul de modifier ce nom, sans nécessairement obtenir le consentement de l’autre parent. Cela peut être pratique, mais cela peut aussi créer des tensions...

Pour éviter les litiges, nous conseillons d'anticiper ces discussions, par exemple en insérant des clauses sur le changement de nom dans les conventions parentales lors des séparations. 

Le nom de famille reste un symbole fort : celui de la transmission et de la continuité d'une histoire familiale. Avant de le changer, il est toujours sage d’en mesurer toutes les conséquences.

Les récentes modifications législatives ont suscité un intérêt croissant. Selon une étude de l'INSEE, entre le 1ᵉʳ août 2022 et le 31 décembre 2023, 144 100 personnes ont changé de nom de façon substantielle, ce qui représente un triplement par rapport aux périodes précédentes. Cette tendance montre une prise de conscience accrue des possibilités offertes par la législation récente.

L'Avocat, Conseil de famille, a son rôle à jouer.