L’administration fiscale vient d’actualiser les seuils applicables aux différents régimes d’imposition pour la période 2026-2028.

Cette révision triennale concerne notamment les bénéfices industriels et commerciaux (BIC), les bénéfices agricoles (BA), les bénéfices non commerciaux (BNC), ainsi que les seuils relatifs à la dispense de bilan.

Pour les propriétaires exerçant une activité de location meublée, cette actualisation emporte une conséquence pratique immédiate : le seuil de droit commun du régime micro-BIC est porté à 83 600 € de recettes, contre 77 700 € précédemment.

Un seuil de 83 600 € pour la plupart des locations meublées

Pour les revenus perçus à compter de 2026, relèvent désormais du seuil de 83 600 € notamment :

  • la location meublée classique, notamment de longue durée ;
  • la location saisonnière lorsqu'elle porte sur un meublé de tourisme classé ;
  • plus généralement, les activités de location meublée qui ne relèvent pas du régime spécifique applicable aux meublés de tourisme non classés.

Lorsque les recettes de l'année N-1 ou N-2 n'excèdent pas ce seuil, le contribuable peut relever du régime micro-BIC, sous réserve naturellement des autres conditions d'application du régime.

L'imposition est alors déterminée après application d'un abattement forfaitaire de 50 % représentatif des charges.

Les principaux seuils à retenir

Nature de l'activité Seuil micro-BIC 2026-2028 Abattement
Location meublée de droit commun 83 600 € 50 %
Meublé de tourisme classé 83 600 € 50 %
Meublé de tourisme non classé 15 000 € 30 %

Les meublés de tourisme non classés restent soumis à un régime spécifique

La principale distinction demeure celle des meublés de tourisme non classés.

Pour cette catégorie de locations, le seuil du régime micro-BIC reste fixé à seulement 15 000 € de chiffre d'affaires, avec un abattement forfaitaire de 30 %.

Au-delà de 15 000 € de recettes, le loueur ne peut donc plus bénéficier du micro-BIC au titre de cette activité et relève, sous réserve de sa situation propre, d'un régime réel d'imposition.

La différence avec un logement bénéficiant d'un classement touristique est ainsi particulièrement significative :

83 600 € de recettes et 50 % d'abattement pour un meublé classé, contre 15 000 € et 30 % pour un meublé non classé.

Le classement du logement peut dès lors constituer un élément à intégrer dans la réflexion fiscale du propriétaire, au-delà de ses seuls effets commerciaux.

Micro-BIC ou régime réel : le seuil ne doit pas être le seul critère de décision

Le relèvement du seuil à 83 600 € ne signifie pas nécessairement que le régime micro-BIC constitue, dans toutes les situations, le choix fiscal le plus favorable.

Sous le régime micro-BIC, l'administration applique un abattement forfaitaire : le propriétaire ne déduit donc pas individuellement les charges effectivement supportées.

À l'inverse, le régime réel permet, dans les conditions prévues par la réglementation fiscale, de tenir compte des charges effectivement déductibles et, notamment, de l'amortissement des biens lorsque les conditions sont réunies.

Le choix doit donc être apprécié en fonction notamment :

  • du montant des intérêts d'emprunt ;
  • des travaux et charges supportés ;
  • des frais de gestion et d'exploitation ;
  • de la valeur du bien et des amortissements susceptibles d'être pratiqués ;
  • du montant annuel des loyers ;
  • mais également de la stratégie patrimoniale du propriétaire.

Un contribuable dont les recettes demeurent très inférieures à 83 600 € peut ainsi avoir intérêt à opter pour le régime réel lorsque ses charges et amortissements sont significatifs.

Des seuils applicables jusqu'au 31 décembre 2028

Les nouveaux montants résultent de la révision triennale des limites d'application des régimes d'imposition.

Ils sont applicables pour la période comprise entre le 1er janvier 2026 et le 31 décembre 2028.

La doctrine administrative a été actualisée en conséquence dans le BOI-BAREME-000044, publié le 19 août 2026.

En pratique

Pour les propriétaires de logements meublés, trois réflexes doivent désormais être retenus :

1. Identifier précisément la catégorie de location exercée : location meublée classique, meublé de tourisme classé ou meublé touristique non classé.

2. Vérifier le montant des recettes des années précédentes au regard du nouveau seuil de 83 600 € ou, pour les meublés de tourisme non classés, du seuil spécifique de 15 000 €.

3. Comparer le micro-BIC avec le régime réel, le bénéfice du régime micro ne signifiant pas nécessairement qu'il constitue fiscalement la solution la plus avantageuse.


Source : BOFiP-Impôts, BOI-BAREME-000044, mise à jour du 19 août 2026.

Les informations figurant dans cet article sont générales et ne sauraient se substituer à l'analyse de la situation fiscale et patrimoniale propre à chaque contribuable.