Il est  établi que la pension alimentaire versée par l'un des parents après la séparation ( Divorce ou autre ) ne s'arrête pas par la simple majorité de l'enfant commun.

Dès lors que l'enfant a encore besoin de la participation du parent chez lequel il ne vit pas, la contribution à l'entretien et à l'éducation est due.

Lorsque ses besoins augmentent en sa qualité d'étudiant notamment, il apparaît nécessaire d'augmenter  la contribution.

La voie amiable est à privilégier entre les parents, mais elle n'est pas toujours concluante ou possible.

Il était admis que le parent chez lequel l'enfant réside habituellement, et qui est créancier de la pension alimentaire, avait qualité à agir pour saisir le juge aux affaires familiales d'une demande d'augmentation de la contribution. Il était alors indifférent de savoir si cette contribution était versée directement ou non entre les mains de leur enfant devenu majeur.

Par un arrêt de la première chambre civile de la Cour de Cassation en date du 4 mars 2026, (numéro 23-21.235), l'action du jeune majeur est également admise pour solliciter l'augmentation de la contribution à l'entretien et à l'éducation, qui avait été décidée antérieurement à l’occasion d’un contentieux entre les parents.

Dans la situation qui s'est présentée, il s'agissait d'une jeune majeure qui a saisi le juge aux affaires familiales pour demander une réévaluation de la pension qui était fixé à 150€ par mois. lors du divorce de ses parents, à la somme de 500€. La mère, chez laquelle elle vivait, n'était pas partie à cette action. La Cour d'appel avait déclaré la demande irrecevable estimant qu'elle n'avait pas intérêt à agir dès lors que sa mère, seule,  restait créancière de la pension fixée lors du divorce.

Cependant, la Cour de cassation a cassé l'arrêt au visa des articles 203 et 371- 2 du code civil. Il est désormais clair que tant que l’enfant majeur demeuré à la charge d'un parent est créancier de cette obligation de versement de la contribution à l’entretien et à l’éducation.  Il peut donc agir personnellement contre son père ( ou sa mère) pour en obtenir l'exécution ou solliciter son augmentation.

Cet arrêt apporte cette précision importante.

Enfin, Il pourrait être utile que la mère participe également à l'action, permettant au juge saisi de fixer le montant de la pension au vu de ses revenus et charges qu'elles soient spécifiques à l'enfant commun ( ex frais d’université) ou au foyer dans lequel il vit.

Trop de familles monoparentales se contentent de la contribution fixée lors de la période de séparation, sans oser solliciter une augmentation. Les jeunes majeurs auront peut être moins d'hésitations en prenant connaissance de cette décision.