L'irrigation permet de parer aux périodes de sécheresse et de sécuriser les productions.

Il arrive souvent que l'irrigation soit effectuée à partir d'une ressource commune : cours d'eau, lac collinaire, bassine, .....

Il arrive alors que l'acheminement de l'eau depuis la ressource jusqu'aux parcelles de l'exploitant exige d'implanter des canalisations, lesquelles, bien souvent, doivent traverser des fonds appartenant à des tiers. 

Une disposition du Code rural et de la pêche maritime organise un tel passage de canalisations sur les propriétés voisines, à savoir l'article L 152-14 du Code rural et de la pêche maritime. 

Ce texte permet à toute personne (physique ou morale) qui veut utiliser l'eau pour l'irrigation d'obtenir le passage par conduite souterraine de cette eau sur les fonds intermédiaires, c'est-à-dire sur les fonds qui séparent la ressource et l'exploitation.

Ce texte n'autorise que le passage par conduites souterraines, à l'exclusion des réseaux aériens (sauf en zone de montage).

Les parcelles construites, les jardins, cours et jardins sont exclus.

En outre, le demandeur doit disposer d'un droit de pompage depuis la ressource en eau. 

Ce passage peut, bien entendu, être instauré à la suite d'un accord amiable, cet accord devant intervenir entre les propriétaires respectifs :  propriétaire du fonds bénéficiaire (fonds dominant) et propriétaires des fonds intermédiaires (fonds servants). Un tel accord devra être formalisé par une convention de servitude, acte notarié qui fera l'objet d'une publication au Service de la Publicité Foncière (ce qui permettra de rendre la servitude opposable aux tiers, notamment  aux acquéreurs successifs).

A défaut d'accord, l'exploitant a la faculté de saisir le juge, lequel devra s'assurer que le passage s'effectuera dans les conditions les plus rationnelles (notamment en ce qui concerne le tracé de la conduite depuis la ressource en eau jusqu'à l'exploitation) et les moins dommageables pour les fonds traversés, mais aussi pour le fonds bénéficiaire. Cette vérification nécessitera, le plus souvent, une expertise.

Enfin, les propriétaires des fonds traversés devront recevoir une indemnité, laquelle sera proportionnée au dommage causé.