La vente d'un fonds de commerce reste l'une des opérations les plus formalistes du droit des affaires : information des salariés, purge du droit de préemption communal le cas échéant, publicité, séquestre du prix, solidarité fiscale. La loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 de simplification de la vie économique (texte consultable sur Légifrance) en simplifie le premier maillon. L'examen du nouveau régime d'information des salariés (I) précède les points de vigilance qui, eux, demeurent entiers (II).
I. Un dispositif d'information recentré
A. L'information-consultation du CSE remplace l'information directe
Le dispositif issu de la loi du 31 juillet 2014 imposait d'informer chaque salarié, au plus tard deux mois avant la vente, afin de lui permettre de présenter une offre de reprise. Pour les ventes conclues à compter du 27 juillet 2026, la loi nouvelle supprime cette information individuelle dans les entreprises tenues de mettre en place un comité social et économique exerçant les attributions élargies : la procédure d'information-consultation du CSE, de droit commun pour toute cession, tient désormais lieu d'information des salariés. L'information individuelle subsiste dans les structures qui en sont dépourvues.
La sanction change d'échelle : en cas de manquement, le juge peut prononcer une amende civile « dont le montant ne peut excéder 0,5 % du montant de la vente », contre 2 % auparavant (code de commerce, texte consultable sur Légifrance). Le risque financier est divisé par quatre, mais il demeure : sur une vente à un million d'euros, l'amende peut atteindre 5 000 euros, auxquels s'ajoute surtout le contentieux de blocage que ces manquements alimentent.
B. Un calendrier de transition à surveiller
Le nouveau régime s'applique aux ventes conclues à compter du 27 juillet 2026. Les promesses signées avant cette date mais réitérées après, les cessions en cours de négociation et les opérations dont le calendrier chevauche l'entrée en vigueur appellent une analyse au cas par cas : le régime applicable dépend de la date de conclusion de la vente, et l'erreur de référentiel expose aux sanctions de l'ancien texte.
II. Ce qui ne change pas : le parcours d'obstacles de la cession
L'allègement ne porte que sur l'information des salariés. Tout le reste du parcours demeure : audit du bail commercial et de sa cessibilité, garantie du passif, séquestre du prix pendant les délais d'opposition des créanciers, solidarité fiscale entre vendeur et acquéreur, publicité de la cession. Chacune de ces étapes recèle ses pièges propres, et leur enchaînement dans le bon ordre conditionne la libération du prix au vendeur. C'est le cœur du travail d'un avocat en cession de fonds de commerce, de la lettre d'intention jusqu'à la répartition du prix séquestré.
Pour le cédant comme pour le repreneur, le bon réflexe est d'intégrer le nouveau calendrier social dès la structuration de l'opération — et de traiter la cession comme ce qu'elle est : une opération de droit des affaires complète, où la valorisation, le social, le fiscal et le contractuel s'imbriquent. Un avocat en droit des affaires à Paris sécurise cet ensemble, en amont de la signature plutôt qu'au stade du contentieux.
La loi du 26 mai 2026 retire au processus de cession son étape la plus contestée sans le déformaliser. Les opérations gagneront en fluidité ; les manquements, eux, resteront sanctionnés — simplement à un tarif plus mesuré.

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