Le permis blanc fait encore partie du vocabulaire courant des conducteurs, mais il ne correspond plus vraiment à un droit général permettant de continuer à conduire pour travailler.
Depuis la réforme de 2003, les possibilités d’aménager une suspension du permis ont été fortement réduites. Dans certains dossiers, il reste possible de demander au juge de limiter les effets d’une suspension judiciaire. Dans d’autres situations, notamment en cas de suspension préfectorale ou d’invalidation du permis pour solde nul, il faut envisager d’autres procédures.
Autrement dit, le permis blanc n’a pas totalement disparu, mais il ne peut être demandé que dans des cas précis.
Qu’est-ce que le permis blanc ?
Le permis blanc désigne, dans le langage courant, la possibilité de continuer à conduire malgré une suspension du permis, généralement pour les besoins du travail.
Historiquement, le conducteur ne récupérait pas totalement son permis. Il pouvait être autorisé à conduire dans certaines limites : trajets professionnels, horaires précis, activité indispensable ou usage strictement encadré.
L’objectif était d’éviter qu’une suspension du permis n’entraîne des conséquences professionnelles disproportionnées, notamment pour les chauffeurs, commerciaux, artisans, infirmiers libéraux, chefs d’entreprise ou salariés itinérants.
Le permis blanc existe-t-il encore aujourd’hui ?
Le permis blanc n’existe plus comme mécanisme général et automatique.
La loi du 12 juin 2003 a fortement réduit les possibilités d’aménagement. Le simple fait d’avoir besoin de conduire pour travailler ne suffit donc pas à obtenir le droit de reprendre le volant.
En revanche, selon la nature de la mesure et l’infraction concernée, plusieurs solutions peuvent encore être envisagées :
un aménagement d’une suspension judiciaire lorsque la loi le permet ;
un recours contre une suspension administrative décidée par le préfet ;
un référé-suspension en cas d’invalidation du permis pour solde nul ;
une demande liée à l’éthylotest anti-démarrage dans certains dossiers d’alcool.
Pour aller plus loin sur les démarches possibles, vous pouvez consulter notre article consacré à la manière d’obtenir un permis blanc.
Suspension administrative : peut-on demander un permis blanc ?
La suspension administrative est décidée par le préfet, souvent après une rétention du permis par les forces de l’ordre.
Elle peut intervenir après un grand excès de vitesse, une conduite sous alcool, une conduite après usage de stupéfiants, un accident ou certaines infractions graves.
Dans ce cas, il n’est pas possible de demander au préfet un permis blanc pour conduire uniquement dans le cadre professionnel. La suspension administrative interdit en principe toute conduite, y compris pour travailler.
Cela ne signifie pas qu’aucune action n’est possible. Selon le dossier, il peut être envisagé :
un recours gracieux auprès du préfet ;
un recours devant le tribunal administratif ;
un référé-suspension en cas d’urgence ;
une contestation de la mesure si l’arrêté préfectoral présente une fragilité ;
une stratégie devant le tribunal pénal lorsque l’affaire est ensuite jugée.
Il ne faut donc pas confondre permis blanc et recours contre une suspension administrative. Ce sont deux logiques différentes.
Pour replacer cette question dans le cadre plus large des mesures préfectorales, vous pouvez consulter notre article consacré à la suspension du permis de conduire.
Invalidation du permis : le permis blanc est-il possible ?
L’invalidation du permis intervient lorsque le solde de points tombe à zéro. Le conducteur reçoit alors une lettre 48SI l’informant que son permis n’est plus valable.
Dans cette situation, il ne s’agit pas d’une suspension judiciaire. Le permis blanc n’est donc pas la bonne procédure.
La voie la plus utile peut être le référé-suspension devant le tribunal administratif. Cette procédure permet de demander au juge de suspendre provisoirement les effets de la décision d’invalidation, dans l’attente du jugement au fond.
Pour être recevable et sérieuse, la demande doit généralement démontrer deux éléments :
une urgence, souvent liée à la nécessité de conduire pour travailler ;
un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
Le besoin professionnel peut donc aider, mais il ne suffit pas à lui seul. Il faut aussi vérifier l’historique des infractions, les notifications, les délais, les stages effectués et les recours encore ouverts.
Suspension judiciaire : le permis blanc reste parfois possible
La suspension judiciaire est prononcée par un juge. Elle peut intervenir après une infraction routière, notamment un excès de vitesse important, une contravention grave ou un délit routier.
C’est dans ce cadre que le permis blanc peut encore exister, mais seulement si l’infraction permet juridiquement un aménagement.
Lorsque la loi l’autorise, le juge peut décider que la suspension ne s’appliquera pas à la conduite nécessaire à l’activité professionnelle. Le conducteur reste alors interdit de conduire dans sa vie personnelle, mais peut être autorisé à conduire pour travailler.
Cette possibilité est toutefois exclue pour plusieurs infractions graves, notamment :
la conduite sous l’empire d’un état alcoolique ;
la conduite en état d’ivresse manifeste ;
le refus de se soumettre aux vérifications d’alcoolémie ;
la conduite après usage de stupéfiants ;
le refus de se soumettre aux vérifications liées aux stupéfiants ;
l’excès de vitesse égal ou supérieur à 50 km/h ;
certaines situations de récidive ;
certaines infractions ayant causé un accident grave ou mis en danger la sécurité d’autrui.
En pratique, l’aménagement judiciaire reste surtout envisageable pour certains excès de vitesse importants, notamment les excès entre 40 et 49 km/h, lorsque le dossier s’y prête.
Lorsque le permis blanc est exclu, cela ne signifie pas qu’aucune défense n’est possible. Il faut alors rechercher d’autres leviers : discussion sur la durée de suspension, contestation de la procédure, recours administratif, demande d’éthylotest anti-démarrage dans certains dossiers d’alcool ou stratégie de récupération du permis.
Permis blanc et alcool : le rôle possible de l’éthylotest anti-démarrage
Dans certains dossiers d’alcool au volant, l’éthylotest anti-démarrage peut permettre d’éviter une interdiction totale de conduire.
Il ne s’agit pas d’un permis blanc. Le conducteur n’est pas libre de conduire n’importe quel véhicule. Il peut uniquement conduire un véhicule équipé d’un dispositif homologué, dans les conditions fixées par la décision applicable.
L’éthylotest anti-démarrage peut être décidé par le préfet, par une juridiction ou après avis médical selon le dossier.
Cette solution peut présenter un intérêt lorsqu’un conducteur a besoin de continuer à conduire, mais uniquement si elle est juridiquement possible et concrètement compatible avec sa situation.

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