Maître,
J'ai tout avoué à l'URSSAF.
C'est foutu ?
Non.
Une boucherie, en région parisienne.
Un contrôle de police inopiné.
Derrière l'étal, deux personnes préparent la viande.
Une troisième remplit la rôtissoire.
Aucune n'a été déclarée.
Le gérant est absent ce jour-là.
Quinze jours plus tard, convoqué, il se présente.
Il consent à l'audition.
Et il parle.
La boutique ouverte sept jours sur sept, de 8 heures à 19 h 30.
Cinq personnes au moins pour la faire tourner. Puis non : deux.
Ses déclarations changent au cours même de l'audition.
Chaque mot est noté.
Chaque mot va compter.
De ses seules déclarations, l'URSSAF reconstitue 7 638 heures de travail par an.
Deux années entières de masse salariale.
84 757 € réclamés à la société.
Au pénal, le tribunal correctionnel le condamne.
Côté civil, la cour d'appel confirme le redressement.
Deux procédures. Deux défaites.
Tout est fini.
Sauf que.
Les procès-verbaux — son audition, celles des salariés, le constat de travail dissimulé — n'étaient pas dans les débats en appel.
L'URSSAF lui avait pourtant tout écrit, mot pour mot.
Il connaissait ses aveux par cœur.
Peu importe.
Être informé d'une pièce n'est pas pouvoir la débattre.
Article 16 du code de procédure civile.
Cassation. Totale.
Et l'URSSAF est condamnée à payer 3 000 € à la société.
(Cass. 2e civ., 8 avril 2021, n° 20-13.754)
Ses aveux existaient. Devant la police.
Ils n'ont pas suffi.
Ce n'est pas l'aveu qui décide.
C'est la procédure.
Face à l’URSSAF
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