Depuis plusieurs années, les tribunaux français sont confrontés à une multiplication des litiges concernant certaines entreprises spécialisées dans la vente de panneaux photovoltaïques, de pompes à chaleur, d'isolations thermiques ou d'autres travaux de rénovation énergétique.
Ces dossiers présentent des similitudes frappantes, quel que soit le nom de la société concernée. Derrière des enseignes différentes, les consommateurs décrivent souvent les mêmes méthodes commerciales, les mêmes promesses et, malheureusement, les mêmes désillusions.
En tant qu'avocat intervenant depuis plus de quinze ans dans ce domaine, je constate que les dossiers présentent un scénario presque identique.
Tout commence par un démarchage à domicile.
Le commercial se présente comme un conseiller en rénovation énergétique, un spécialiste mandaté pour réaliser un bilan énergétique, voire, dans certains cas, laisse croire qu'il intervient en lien avec un organisme public ou avec un dispositif d'aide de l'État.
Très rapidement, le consommateur est rassuré.
Le document présenté ne serait qu'un simple devis, une étude personnalisée ou un dossier destiné à vérifier l'éligibilité aux aides publiques. Il est parfois expliqué qu'aucun engagement définitif n'est pris ce jour-là et que le particulier pourra toujours renoncer ultérieurement.
Pourtant, plusieurs semaines plus tard, le consommateur découvre qu'il a signé un véritable contrat de vente, parfois accompagné d'un crédit affecté de plusieurs dizaines de milliers d'euros.
Cette confusion entre un devis et un contrat constitue l'un des griefs les plus fréquemment invoqués devant les tribunaux.
Les promesses financières suivent un schéma tout aussi récurrent.
Les commerciaux annoncent que l'installation bénéficiera d'importantes aides de l'État, laissant entendre que les pouvoirs publics financeront une part substantielle de l'opération.
Dans la pratique, ces prétendues aides correspondent souvent à des mécanismes beaucoup plus limités que ceux présentés lors du démarchage. Il peut s'agir, selon les situations, d'un taux de TVA réduit, d'une prime réglementée ou d'un autre dispositif d'aide dont le montant est sans rapport avec les sommes annoncées oralement.
De nombreux consommateurs expliquent ainsi avoir signé en croyant que l'État prendrait en charge une grande partie de leur installation, alors que les aides réellement mobilisables étaient bien inférieures.
Une autre promesse revient avec une remarquable régularité : l'opération serait "blanche".
Selon le discours commercial rapporté dans de nombreux dossiers, les économies réalisées sur la facture d'électricité, les revenus issus de la revente d'électricité, les aides publiques et les avantages fiscaux permettraient de rembourser intégralement le crédit.
Autrement dit, le consommateur n'aurait rien à payer.
Or, cette présentation est bien souvent excessivement optimiste.
La production réelle dépend de nombreux paramètres : orientation de la toiture, ensoleillement, consommation du foyer, évolution des tarifs de l'électricité, conditions de rachat de l'énergie, performances effectives de l'installation, entretien ou encore durée de vie des équipements.
Dans la réalité, de nombreux particuliers continuent à rembourser des mensualités importantes tout en acquittant une facture d'électricité qui demeure significative.
C'est précisément ce décalage entre les promesses commerciales et la réalité économique qui nourrit une grande partie du contentieux.
Naturellement, il ne suffit pas d'affirmer qu'un commercial a formulé telle ou telle promesse. Chaque affaire est différente et doit être démontrée à l'aide de preuves : documents contractuels, simulations financières, publicités, échanges de courriels, SMS, témoignages ou enregistrements lorsqu'ils sont recevables.
Il n'en demeure pas moins que la répétition de ces situations devant les juridictions françaises révèle un phénomène préoccupant : certaines entreprises de la rénovation énergétique ont développé des méthodes commerciales qui donnent lieu à un contentieux particulièrement important.
Ce phénomène, parfois qualifié d'éco-délinquance, ne concerne pas la rénovation énergétique dans son ensemble, mais les dérives de certains professionnels qui exploitent la complexité des dispositifs d'aides publiques et les attentes légitimes des consommateurs en matière d'économies d'énergie.
La bonne nouvelle est que les juridictions françaises se montrent de plus en plus attentives à ces pratiques.
C'est précisément pour cette raison qu'il est essentiel, avant toute action, de faire analyser son dossier par un avocat maîtrisant le contentieux de la rénovation énergétique.
Pour me contacter
Me Grégory ROULAND - avocat au Barreau de PARIS
Tél. : 06 89 49 07 92
Mail : gregory.rouland@outlook.fr

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