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En effet, c’est la conclusion qu’il faut tirer de la mésaventure qui est arrivée à ce directeur artistique dont le licenciement a été jugé régulier après qu’il ait laissé un avis acerbe sur sa société, pourtant publié de manière anonyme.

Le salarié se pensait surement indétectable en postant son avis sur un site qui garantie l’anonymat et n’avait probablement pas mesuré la portée de ses propos, d’autant plus importante qu’il occupe un poste de direction.

Il a donc succombé à la tentation en postant un avis particulièrement critique.

Mal lui en pris !

L’anonymat sur internet étant toujours très relatif, l’employeur, après avoir procédé à des investigations informatiques, a pu identifier l’origine du message qui provenait donc de l’ordinateur de son directeur artistique.

Ce dernier avait eu, de surcroît, la mauvaise idée de poster son message depuis son poste professionnel.

L’entreprise l’a ensuite licencié pour faute grave.

Le salarié a contesté son licenciement devant la juridiction et l’affaire est arrivée jusqu’à la Cour de cassation.

La Haute Cour a considéré que le message accessible à tous était déloyal, excessif et que les propos du directeur artistique caractérisaient un abus de sa liberté d’expression.

« Attendu, ensuite, qu'ayant relevé le caractère excessif du message qui était publié sur un site accessible à tout public, et dont les termes étaient tant déloyaux que malveillants à l'égard de l'employeur, elle a pu en déduire que l'intéressé, directeur artistique de l'entreprise, avait abusé de sa liberté d'expression et, ayant fait ressortir que l'employeur avait agi dans un délai restreint, que ce manquement rendait impossible le maintien du salarié dans l'entreprise et constituait une faute grave (…) »

A n’en pas douter la décision n’aurait toutefois pas été la même si le salarié en question n’avait pas été à un poste de direction et si l’avis n’était pas accessible à tout le monde.

Soyez donc particulièrement vigilants aux avis publics que vous laissez sur internet lorsqu’ils concernent votre employeur !

Cass soc 11 avril 2018, n° 16-18590

Vincent DELAROCHE

Avocat à Annecy